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Association des Centraliens de Lyon

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12 novembre 2018

Romain Viaud : la tête et les jambes... et un ballon qui ne traîne jamais bien loin

Romain Viaud (ECL 2014) n’est pas un Centralien comme les autres. Lui est plutôt du genre à n’avoir que des plans A, et aucun plan B. A vouloir tout faire… A pousser les choses jusqu’au bout afin de voir où ces histoires l’emmènent… dans des impasses ou vers de nouveaux terrains de jeu. Car Romain est d’abord un joueur, un sportif par passion avant que ses performances ne l’amènent à bâtir un pan de sa carrière autour du foot et aujourd’hui du triathlon.


Adolescent, il fait ses armes au pré-centre de formation du FC Nantes. Mais de son propre aveu, ne se sent pas suffisamment mature à l’époque pour évoluer dans ce milieu si particulier qu’est le football. Il ne lâche pas sa passion pour autant. Sauf au début de sa prépa où il commence par sacrifier le sport pour se consacrer à plein temps à ses cours. Ses notes ne sont pas meilleures pour autant. 

Quitte à se planter, autant prendre du plaisir. Entraînements en semaine, matchs le week-end, il retrouve une bouffée d'oxygène avec le foot et ses résultats augmentent considérablement… jusqu’à se hisser dans le peloton de tête de la classe. Il réalise que la seule façon de se sentir bien dans ses activités c'est d'être à son rythme, de trouver son propre équilibre de vie. La vie doit rester un plaisir et un jeu à la fois. Le sport restera une composante essentielle dans sa vie. Même si tout le monde tente de lui faire comprendre que ce sera extrêmement difficile de tout concilier, il est déterminé à prendre des risques et à allier l'exigence d'une formation d'ingénieur et le sport de Haut Niveau.

Parallèlement à ses études à Centrale Lyon, il évolue en CFA 2 dans le club de Giuly dans les Monts d’Or. A Londres, tout s'accélère alors qu'il effectue un double diplôme à l’Imperial College of London. Il commence à jouer dans des clubs semi professionnels puis une opportunité s'offre rapidement à lui, celle de s’entraîner avec l’équipe réserve d’un club professionnel de Premier League en Angleterre. Il se rappelle alors des sacrifices et des risques qu'il a pris pour en arriver là. Il savoure.



L'exigence du Haut Niveau est là : entraînements tous les jours, parfois plusieurs fois par jour. Suivre ce rythme effréné n'est pas simple, mais forge son caractère. Surtout en cette période d'examens qui lui permettent de valider son double diplôme. Il sait que sa vie peut basculer très rapidement, du bon comme du mauvais côté, et prend le temps de valider ses diplômes si une blessure survenait. Malheureusement, les opportunités sportives à l'époque ne lui permettent pas d'aller plus haut. Sa chance est-elle passée? Sûrement pas, en tout cas, il ne le voit pas comme ça. Il sait qu'il doit rester à son rythme, ne pas forcer les choses comme il l'a fait jusqu'à présent.

La preuve en est. Aussitôt son diplôme en poche, il suit sa bonne étoile et rebondit à Créteil, un club professionnel de région parisienne, évoluant à l'époque en Ligue 2. En parallèle, il garde une stimulation intellectuelle en débutant sa carrière d'ingénieur chez Areva, avec des horaires qui lui permettent d'allier le foot et le travail.

Mais des blessures à répétition l’écartent peu à peu des terrains et c’est au pôle médical de l’INSEP qu’il se remet sur pied. Le pôle Haut Niveau lui propose alors de coacher les jeunes sportifs, futurs champions en herbe, pour leur d’inculquer le goût de l’impossible. Celui de l'équilibre de vie, de croire en sa réussite, de s'écouter quitte à sortir d'un "cadre" prédéfini et à dessiner sa propre trajectoire.

Et de rappeler au passage que le sport est, au delà des phrases toutes faites, une école de vie aussi importante que celles qui délivrent des diplômes, dans sa capacité à rappeler l’importance de l’humain dans la réussite des projets.

De la dynamique collective dépend souvent le développement des idées et des entreprises. Ce n’est d’ailleurs pas anecdotique si de plus en plus de sportifs de haut niveau se tournent vers le coaching. Preuve sans doute que les sportifs sont des entrepreneurs comme les autres et que les passerelles existent bel et bien, et ce, malgré le clivage que la société tend à imposer par habitude, aux jeunes au moment de penser à leur avenir.

Romain Viaud : la tête et les jambes… et un ballon qui traîne jamais très loin.

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