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06 mars 2019

Didier Bic : 4 saisons à la tête de la station de ski du Col de Porte

En 2015, Didier Bic (ECL83), Directeur général de la société de dameuses Kässbohrer ECE, s'attaque à un nouveau sommet : relancer l'activité de la station de ski de Chartreuse du Col de Porte. Récit d'une expérience hors piste d'un Centralien montagnard.


TECHNICA : En 2015, vous repreniez la station du Col de Porte : c'était à l'époque un petit plaisir personnel, le résultat d'une stratégie mûrement réfléchie, un coup de tête, ou un peu des trois ?
Plutôt un petit challenge : j’avais été approché par des élus qui m’avait fait part de leur inquiétude quant à l’exploitant de ce site alpin qu’ils voulaient remplacer pour manquement par rapport à sa délégation de service public. J’avais jugé qu’on devait pouvoir faire tourner correctement ce site que je connaissais bien, sans perdre d’argent.

- Quelle était l'idée de départ en reprenant cette station ?
L'objectif principal était de redynamiser le site, avec une forte priorité donnée aux enfants. Le renouvellement de la clientèle "ski" en France, et d’une manière générale en Europe, n’est pas assuré. En cause, la disparition des classes de neige et peut-être le modèle en général du ski en station. La deuxième idée était de rendre le site plus agréable du point de vue environnemental, ce qui correspondait également aux souhaits du maire.

- Quels sont les aménagements réalisés sur la station dont vous êtes le plus fier?
La première chose que nous avons faite, c’est de proposer un tapis mécanique : il permet aux plus petits, qui ne sont pas encore en âge d'utiliser un téléski, de remonter la pente et de faire leur premier chasse-neige. Mais il permet aussi de pratiquer la glisse sous d’autres formes comme la luge par exemple. Ensuite, nous avons reconstruit le Snow park avec un système d'éclairage qui a permis d'ouvrir le spot en nocturne, idéal pour cibler les étudiants grenoblois qui peuvent monter sur la station grâce à la ligne de bus régulière qui relie l'agglomération au Col de Porte.

- Quelles sont les difficultés auxquelles vous n'étiez pas préparé ? Des erreurs que vous auriez pu éviter ?
Bien que côtoyant le monde de la montagne comme fournisseur d’équipements depuis de nombreuses années, l’exploitation d’un domaine est un métier très différent. J’ai certainement commis quelques erreurs d’appréciation sur l’état du domaine, mais aussi sur la complexité administrative de gestion, même sur un site aussi petit que celui-ci. Du coup, cette activité me prend beaucoup plus de temps que prévu… et me coûte de l’argent puisque aujourd’hui, ce site n’est pas encore rentable.

- Y a t-il des personnes sans qui vous n'auriez pas pu mener ce projet à bien ?
En premier lieu, ma directrice, qui était une amie et qui a accepté ce challenge. Sans elle rien de tout cela n’aurait été possible. Ensuite, je n'oublie pas l'ensemble du réseau des stations de montagne et des fournisseurs qui m’ont soutenu, soit financièrement, soit par des dons de matériel, soit par leurs précieux conseils. La montagne, fidèle à sa réputation de solidarité !

- Quels sont les chantiers et actions qui restent à mener et les objectifs que vous vous êtes fixés?
Nous sommes dans une phase de réflexion importante sur un réaménagement complet du domaine alpin, qui va de pair avec les actions menées par la mairie. Nous souhaitons mettre davantage l’accent sur les enfants et les familles, mais aussi globaliser notre offre, car après avoir acquis le restaurant de front de neige, nous sommes en train de reprendre une dizaine d’appartements pour en faire des gîtes touristiques. L’objectif est très clair : assurer un équilibre économique global entre domaine skiable alpin, restauration et hébergement.

- Une station de ski est-elle une entreprise à gérer comme les autres ?
Oui, c’est une entreprise comme les autres mais il ne faut pas oublier qu’en France, les stations de ski ont un régime particulier puisque ce sont des délégations de service public (comme l’eau, le gaz, etc.) et ont donc des contraintes administratives avec une proximité obligatoire avec les élus locaux. Deuxième caractéristique: une forte saisonnalité qui oblige à un jonglage permanent en ce qui concerne les ressources humaines.

- On dit parfois que les ingénieurs sont très mauvais en marketing. Vous semblez pourtant parfaitement maîtriser le sujet...
J'ai beaucoup appris en arrivant chez Kassbohrer qui était auparavant dirigé par un profil commercial (l’Ecole de Commerce de Lyon). Ce dernier avait mis en place de nombreux outils marketing dont j’ai appris à connaître l’efficacité et le maniement.  Lorsque le projet du Col de Porte a pris forme, il était évident que sa réussite dépendait en partie de l'efficacité des actions marketing que nous allions mener.

- Pour conclure, pouvez-vous nous donner 5 vraies bonnes raisons de venir passer un séjour au Col de Porte ?
En hiver je dirais : 
1- se constituer des souvenirs en famille, qu’il fasse beau ou non (mieux vaut se balader en montagne sous la neige qu’en vallée sous la pluie!)
2- profiter de la multiplicité des activités puisqu’au Col de Porte, chaque membre de la famille peut trouver son bonheur (ski bien sûr mais aussi randonnées, raquette, luge, ...)
3- tester et savourer la gastronomie typique des montagnes.

En été:
4- se mettre au frais lorsque la canicule sévit dans la vallée
5- prendre du recul sur son quotidien dans un environnement apaisé 

Plus d'infos sur la station du Col de Porte

Auteur

Directeur de Kässbohrer ESE - Président de la CCI de Savoie et pour l'Afmont (Association des fournisseurs de matériels et services pour la montagne)

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