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12 novembre 2018

Sport à l'ECL : rencontre avec Jean Cotinaud, responsable des sports

Pour nous parler du sport à Centrale Lyon, difficile de trouver meilleur client que Jean Cotinaud, responsable des sports. Problème, l’homme est du genre bavard, connaît beaucoup de monde et a des anecdotes sur beaucoup de ses élèves ingénieurs. Il le dit d’ailleurs lui-même : «faudrait un jour que j’écrive un recueil de toutes ces histoires »… On n’avait pas le temps pour le bouquin, on a donc logiquement opté pour une interview express.


Bonjour Jean. Quelle importance a le sport à Centrale Lyon ?

Le sport est obligatoire mais je n’ai pas le droit de le dire… sinon M Frank Debouck va se faire un plaisir de me reprendre (il sourit). Officiellement, le sport est une matière comme les autres au même titre que les maths. Elle est évaluée dans le cadre de l’unité d’enseignement professionnelle qui recoupe toutes les activités collaboratives, depuis les projets d’études, les conférences, en passant par les enquêtes découvertes avec des ingénieurs. Comme pour les autres enseignements, en sport l’assiduité prend une place particulièrement importante lors de l’évaluation. On tient également compte des progrès réalisés et de l’investissement de l’élève. Les performances ne sont au final pas si importantes, même si nous sommes attachés aux résultats qui font rayonner notre école.



Les élèves de Centrale Lyon sont-ils des sportifs comme les autres ?

Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont l’esprit de compétition, du moins, ils savent se dépasser pour atteindre leurs objectifs. Il y a chez eux également une forme de curiosité qui les pousse à progresser. Et puis, à côté de ça, tu as ce qu’on appelle les sport pougnes. Nous, enseignants, appelons cela EPS.

Les sport pougnes ?
Ça fait partie du jargon de l’école. Ce sont des élèves pour qui le sport n’est pas une priorité car bien souvent engagés dans d’autres activités associatives : artistiques, musicales, humanitaires et bien évidement. technologiques. Mais comme c’est noté, ils sont obligés de participer. Ils comprennent très vite l’intérêt de se confronter au groupe, collaborer, transpirer ensemble. Le sport, c’est pas comme les maths, tu ne peux pas bosser le partiel enfermé dans ta piaule !

Eh puis, il arrive que dans le lot, on tombe sur un miracle. Comme cet élève qui s’est inscrit en début d’année en EPS, qui est de loin la formule la plus light. Je commence par le faire courir, et lui fais passer un test de VMA (vitesse maximale aérobie). Le gamin est à 16km/h, ce qui est énorme. A partir de là, il se prend au jeu et commence à cavaler dès qu’il en a le temps. Ce jeune homme s’appelle Mathieu Grard et est devenu Champion de France universitaire sur 10 km en 2016, avec un chrono de 31mn15 ! Pas mal pour un sport pougne !


La particularité du sport à Centrale Lyon tient aussi dans le rôle joué par les étudiants eux-même au niveau de l’encadrement…
Contrairement à beaucoup d’écoles, le Président de l’Association sportive n’est ni le Directeur de l’école, ni un professeur. C’est un élève qui est à la tête de l’organisation, même si on garde légalement un droit de regard sur ce qui est fait. L’AS c’est 1200 adhérents pour un budget annuel de 450 000 euros. A titre de comparaison le mien est de 12 000 euros, avec 4 professeurs EPS et 8 vacataires. Forcément, on s’appuie énormément sur les élèves, que ce soit pour la gestion de l’association sportive, l’encadrement en autonomie, les entraînements, ou l’organisation des événements sportifs sur et en dehors du campus.

 

Quels sont les événements sportifs les plus importants pour l’école ?
Il y en a beaucoup. Le tournoi des Intercentrales est une compétition qui réunit toutes les écoles Centrales et Supélec dans le cadre d’un tournoi mixte de sports collectifs. L’école qui accumule le plus de points sur l’ensemble de la compétition, est déclarée vainqueur. On l’a gagnée 14 fois de suite, mais ça fait quatre années qu’on se fait plier par Centrale Nantes…Heureusement, le trophée est rentré à la maison cette année. Jouer les « Poulidor », ça va cinq minutes ! Au printemps, il y a aussi le Challenge organisé chaque année sur le campus d’Ecully avec toutes les écoles d’ingé CPGE. En moyenne, on compte 3000 participants dans 25 disciplines différentes, le tout géré par le BDS pour un budget global de 240k€. C’est une énorme usine que les étudiants doivent faire tourner. C’est un peu leur boulot de demain, gérer les personnes, le budget, faire face aux imprévus… C est un super TP puissance 10 ! Et même si je dis parfois en rigolant qu’ils me cassent les pieds, ils réussissent quand même à m’impressionner.

Les élèves passent, mais les événements restent. N’est-ce pas difficile de repartir de zéro chaque année en termes d’organisation notamment ?
On a résolu le problème il y a quelques années grâce à une CHALBox, une sorte de wiki, une boite de connaissance qui recense toutes les infos utiles pour l’organisation du Challenge. Comment négocier avec une entreprise de sécurité ? Quel timing avant de réserver un chapiteau ? Combien ça coûte ? Quel ampérage pour tel ou tel événement ? Cette immense base de données a été imaginée au départ par Patrick Serrafero, professeur associé à ECL et des étudiants au cours d’un projet d’étude dans le cadre de l’Écurie Piston Sport Auto. Aujourd’hui, du BDE au BDS, tout le monde veut s'aligner sur ce fonctionnement.

Existe t-il de grosses rivalités sportives avec les autres écoles d’ingénieurs ?
Certaines sont historiques oui. En championnat universitaire, par exemple avec l’INSA, même si on a du mal à rivaliser. On est 1000 élèves alors qu’ils sont 5 fois plus nombreux avec notamment un certain nombre de sportifs de haut niveau. En plus, ils étudient à l’INSA pendant 5 ans contre 2 à 3 ans à l’ECL, ce qui nous laisse moins de temps pour construire un collectif. On ne boxe pas dans la même catégorie, mais ça ne nous empêche pas de défendre nos chances. L’INPG fait aussi partie des établissements qu’on affronte régulièrement avec plus ou moins de réussite selon les années.  

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