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Alexander Migl via wikimedia
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09 octobre 2019

Les robots-véhicules à la demande : une révolution à la mobilité ?

Christian Ledoux (ECP 87et MBAInsead) est membre du comité de direction de la division véhicules connectés et services de mobilité de l’Alliance Renault-Nissan. Fort de ses 16 ans passés chez Renault et Nissan en France, aux États-Unis et au Japon, il nous parle de l'avènement annoncé des robots-véhicules et des enjeux qui en découlent.


Dans les années 20, les robots-véhicules feront partie du paysage urbain. Ils seront électriques, connectés, autonomes et à la demande. Ils vont profondément transformer la ville et la façon dont nous nous déplaçons. L’offre de services va s’enrichir considérablement. Les acteurs (constructeurs, sociétés de services, autorités…) préparent cet avenir dans les laboratoires… et sur le terrain. En 2050, deux habitants de notre planète sur trois habiteront dans des villes contre environ un sur deux aujourd’hui.

Les espaces urbains s’étendent et se densifient. La demande en mobilité augmente. Les investissements en transports publics ne parviennent plus à suivre cette expansion. Les routes sont saturées. Ajouter ou élargir des voies ne suffit plus, ou n’est plus efficace. Les usagers aspirent à une mobilité verte, prédictible, sûre, connectée, simple d’usage et multimodale, qui leur offre à tout moment le mode de transport (transport public, voiture, vélos, marche) le plus adapté à leur préférence (prix, durée, qualité, intimité, sûreté…).

Les nouvelles offres de mobilité avec conducteur (VTC, autopartage…) répondent insuffisamment à ces défis. Au-delà du fait qu’elles n’ont pas encore trouvé leur équilibre économique, elles s’ajoutent aussi souvent au trafic, forçant les autorités à les réguler. Elles ne pourront s’imposer durablement que si elles montrent leur capacité à drainer plus d’un usager par véhicule. La lutte se joue actuellement sur la performance des algorithmes de « regroupement ». Et cela restera vrai aussi pour les robots-véhicules à la demande.


Les avantages des robots-véhicules

La première rupture est bien sûr d’ordre économique. Le coût au km sera réduit de moitié conducteur, rotation 24h/24) par rapport au VTC. Il deviendra proche du coût de possession d’une voiture. Cela pourrait faire basculer davantage d’usagers de la possession vers la mobilité à la demande et ainsi libérer l’espace urbain. Des simulations réalisées par l’International Transport Forum (ITF-OCDE) montrent que les mobilités partagées permettront une réduction drastique des besoins en places de parking.

Les robots-véhicules à la demande vont se différencier selon les types d’usage : bureau roulant, déplacement des personnes âgées, transport scolaire, tourisme… Ces moyens de transport dédiés permettront d’offrir une autre expérience unique et « cousue main », un déplacement silencieux et vert (électrique), connecté, de porte à porte, où l’homme ne sera plus là pour conduire mais pour vous accompagner et proposer des services.

Le concept EZ-GO de Renault (photo) montré au dernier salon de Genève préfigure ces robots-véhicules. Ils seront plus sûrs. 94 % d’accidents sont actuellement dus à des erreurs humaines et pourront être évités. Pour que les villes les adoptent, ces solutions devront être complémentaires des transports publics, montrer qu’elles parviennent à réduire le trafic, et, socialement, qu’elles sont créatrices d’emplois dans les services associés : nettoyage, maintenance, téléassistance, services à la personne.

Concept de robo-vehicule EZ-Go.

Des solutions apparaissent déjà avec des véhicules de type navettes sur des lignes dédiées (Navya, Easymile). Puis viendront des véhicules de cinq à six places pour le transport à la demande dans des zones délimitées puis sur tout l’espace urbain. Les solutions techniques sont en cours de mise au point. Renault-Nissan a par exemple lancé des expérimentations dans plusieurs villes (Rouen, Saclay, Yokohama). Les déploiements démarreront au début des années 2020 lorsque les réglementations seront en place.

Le transport à la demande avec des robots-véhicules nécessite la collaboration de nombreux acteurs : constructeurs, sociétés de technologie (HW, SW), sociétés de services (maintenance, plateforme de transport…). Les robots-véhicules à la demande peuvent potentiellement améliorer radicalement les transports et le paysage urbains. La transformation est en marche.

Auteur

Christian Ledoux (ECP 87et MBAInsead) est membre du comité de direction de la division véhicules connectés et services de mobilité de l’Alliance Renault-Nissan. En 16 ans, il a exercé différentes fonctions chez Renault et chez Nissan en France, aux États-Unis et au Japon. Auparavant, il avait travaillé chez Booz et chez Alstom.

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