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Ascendance Flight Technologies
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04 février 2020

Atea : le taxi volant hybride made in France pour les JO 2024

La science-fiction d’hier ressemble de plus en plus à la réalité de demain. C’est le cas des taxis volants, fantasme passé par la littérature et le cinéma qui s’apprête à prendre son envol dans nos villes dans les prochaines années. Thibault Baldivia (ECL2015), cofondateur de la société Ascendance Flight Technologies nous présente aujourd’hui Atea, un VTOL (vertical take-off and landing) hybride qui sera en démonstration aux prochains JO 2024.


Bonjour Thibault. Raconte-nous comment est né le projet de taxi-volant électrique que ta société Ascendance Flight Technologies développe actuellement.

Après mon diplôme d’ingénieur à Centrale Lyon en 2015, j’ai débuté ma carrière chez Airbus où je travaillais en particulier sur les problématiques d’électrification et d’hybridation des avions. En juillet 2015, j’ai notamment participé au projet E-Fan avec la traversée de la Manche par un petit avion 2 places 100 % électrique. Si tout fonctionnait parfaitement, le gap pour voir cette technologie appliquée à des avions commerciaux plus gros de type A320 paraissait trop important. De là est née l’idée des taxi-volants électriques capables de transporter en intra-urbain jusqu’à 4 personnes dont le pilote sur des distances pouvant aller jusqu’à 150km.

 

En janvier 2018, tu crées avec 3 collègues ingénieurs de chez Airbus, la start-up Ascendance Flight Technologies. Le Taxi-volant que vous imaginiez à l’époque existe t-il aujourd’hui et à quoi ressemble t-il ?

Un prototype d’Atea - nom donné à l’aéronef - a effectué son premier vol en juillet 2018. Il s’agissait d’une version de 2 mètres d’envergure, soit 1/6ème des dimensions finales de l’appareil, dont nous espérons réaliser les premiers essais en vol d’ici à l’été 2021. Atea est ce qu’on appelle un VTOL pour « vertical take-off and landing ». Il est équipé de rotors qui lui permettent de décoller et de se poser à la verticale, mais aussi d’ailes pour voler une fois l’altitude requise atteinte (entre 700 et 800 mètres d’altitude). Cette technologie permet de s’adapter facilement au contexte urbain en utilisant des Vertiports de quelques dizaines de mètres de diamètres qui pourraient être créés en ville par exemple sur les toits des parkings.

 

L’E-Fan était 100 % électrique. Qu’en est-il d’Atea ?

Nous avons décidé de nous appuyer sur des technologies éprouvées pour développer notre appareil. La solution hybride nous a semblé la plus adaptée pour transporter des passagers sur toute une journée sans avoir besoin d’immobiliser l’aéronef de longues minutes pour recharger ses batteries. Atea fonctionne ainsi grâce à une propulsion électrique lors des phases de décollage/atterrissage et à un moteur thermique classique pendant le reste du vol. Ce mix laisse ainsi le temps aux batteries électriques de se recharger. Si cette solution hybride est aujourd’hui privilégiée, nous gardons un œil attentif au développement des moteurs à hydrogène couplée à des piles à combustibles. Cela permettrait de disposer d’une motorisation vraiment propre.

 

 

Outre un plus faible impact en termes de pollution, quels sont les autres bénéfices que l’on peut attendre du taxi-volant électrique que vous développez ?

Il y a tout d’abord un gain de temps conséquent par rapport aux solutions de transports existants. Par exemple, un trajet en taxi-volant entre l’aéroport de Roissy Charles De Gaulle prendra en moyenne moins de 10 minutes contre 1 heure en transports en commun et 3/4 d’heure en taxi. Nous travaillons également avec l’ONERA (laboratoire français de recherche aérospatiale) sur les problématiques d’aéroacoustiques. Atea devrait faire 3 à 4 fois moins de bruit qu’un hélicoptère pendant le vol alors que le décollage et l’atterrissage n’auront aucun impact sur l’environnement sonore grâce à son système de propulsion électrique.

 

Quel est ton rôle dans la société  aujourd’hui ?

Je m’occupe actuellement des opérations. Par exemple, je travaille sur la façon dont Atea va s’intégrer dans l’environnement par rapport aux infrastructures, mais aussi aux réglementations existantes et à venir. Je gère également les finances, ainsi que la dimension business en définissant notre offre, avec l’aide de partenaires comme ADP. Enfin, je suis également support sur les sujets légaux et corporate. Une vraie vie de dirigeant de start-up en somme !

 

En parlant de business, quelles sont vos priorités ? A qui destinez-vous votre offre ?

Bon nombre de concurrents ont attaqué le marché des taxi-volants sur le modèle du film le 5ème élément avec l’idée de prendre des gens par exemple au milieu de la place Bellecour pour les amener en quelques minutes à la Part Dieu. C’est le but final que l’on doit garder en tête, mais ce n’est pas par là qu’il faut commencer. Nous avons fait le choix de débuter par des segments de marché où il existe déjà des clients et des besoins. Ces clients se sont notamment les opérateurs d’hélicoptères. Il existe aujourd’hui une multitude de lignes dans le monde comme celle entre Nice et Monaco qui est la plus fréquentée au monde aujourd’hui. C’est ce type de marché que nous visons dans un premier temps. Dans un second, nous nous rapprocherons des villes pour des liaisons intra-muros ou avec la périphérie. Aller dans des centres d’affaires, des centres industriels, des nœuds de transports comme les aéroports.

 

 

Êtes-vous déjà en mesure d’estimer le coût d’une course en taxi-volant ?

Difficile d’être précis même si nous avons des premières estimations qui montrent que le prix de la course sera proche de celui d’une course en taxi classique.

 

Parle-nous des JO 2024 et du rôle qu’ y jouera Atea ?

En partenariat avec ADP ainsi que la direction générale de l’Aviation civile, 2 lignes de démonstration en vol vont être mis en place pendant les JO 2024 entre l’aéroport Roissy Charles De Gaulle et Marne la Vallée d’une part, et le village olympique de l’autre. D’ici là, la réglementation sur les vols en milieu urbain devrait avoir évoluée pour intégrer le développement des taxi-volants. Nous y travaillons avec l’Agence européenne de la sécurité aérienne en charge du dossier, avec une roadmap à échéance 2024 déjà actée. Quant à la commercialisation d’Atea pour le grand public, nous espérons un lancement à grande échelle pour 2025.

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