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Association des Centraliens de Lyon

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11 juin 2019

Des bancs de Centrale aux bidonvilles de Manille - Itinéraire d'un Centralien engagé

Pierre Lechevallier est étudiant à Centrale Lyon, promotion 2015. Pendant sa césure, il part aider les populations pauvres de Manille aux Philippines aux côtés de l'association Life Project 4 Youth. Sa mission a permis à une vingtaine de jeunes de s’intégrer professionnellement. Son récit d'une expérience qu'il n'est pas prêt d'oublier.


Aujourd’hui, des millions de jeunes vivent dans la pauvreté, dans l’exclusion et n’ont pas les moyens de suivre des études. Ils vivent au jour le jour, sans jamais se projeter au-delà du lendemain. Exposés à la drogue, la prostitution et bien d’autres dangers, beaucoup aimeraient changer de vie, travailler et croire en leurs rêves, mais ils ne peuvent y arriver seuls.

Une fatalité ? Uniquement si l’on décide qu’elle doit le rester. Il ne faut souvent qu’une petite étincelle pour changer radicalement la vie de ces enfants. C’est le constat que font au quotidien les volontaires de l’association Life Project 4 Youth (LP4Y), avec qui je me suis engagé un an dans le cadre d’un service civique. Elle permet non seulement de former des jeunes des bidonvilles afin de leur offrir un avenir, mais aussi de faire prendre conscience aux entreprises locales du rôle qu’elles peuvent jouer dans l’inclusion de ces populations dans la société. J’ai été témoin et acteur de l’incroyable transformation que ces jeunes peuvent vivre si on leur donne les outils, la confiance et le soutien pour réussir.


Je suis issu d’un milieu privilégié. Ma famille m’a toujours soutenu et j’ai la chance de faire des études. Pour ma césure à Centrale, j’ai donc voulu me rendre disponible pour aider des gens dans le besoin. J’avais envie de faire quelque chose d’unique, de vivre une expérience marquante. J’étais aussi en réflexion sur notre mode de vie occidental. Partir aux Philippines dans une mission de développement a été un véritable voyage vers l’inconnu qui m’a totalement sorti de ma zone de confort. Pendant cette année, j’ai vécu le plus simplement du monde, en immersion au sein des communautés philippines. Je me suis réveillé tous les matins avec la certitude que mes efforts allaient contribuer à aider des personnes dans la besoin. Même si j’ai énormément donné pour ma mission, je me sens chanceux d’avoir pu rencontrer tant de personnes extraordinaires et vivre ces moments inoubliables.

Un engagement humanitaire est toujours riche en enseignements. Il faut savoir faire preuve d’adaptation. C’est un milieu dans lequel les volontaires travaillent avec passion car ils sont motivés par le projet dans lequel ils sont engagés.

La microentreprise, le « Healthy Corner », consistait à vendre de la nourriture dans de grandes entreprisesLa microentreprise, le « Healthy Corner », consistait à vendre de la nourriture dans de grandes entreprises

Ma mission était de recruter et de m’occuper au quotidien d’une équipe de 15 Jeunes des bidonvilles. Ils venaient chaque jour dans notre centre de formation pour apprendre, mais aussi pour s’occuper d’un micro-business. Celui-ci permettait aux jeunes de développer des compétences et d’apprendre les réalités de la vie professionnelle. Le coach est donc pour eux à la fois éducateur, professeur et manager. Il doit apporter un soutien individuel pour chaque jeune, mais aussi garantir l’esprit d’équipe.

Une autre facette de la mission était de développer et entretenir des partenariats avec des entreprises qui nous accompagnaient dans leur intégration. Chaque jour apportait de nouveaux défis, tant pour assurer le bon fonctionnement du centre que par les nombreux problèmes auxquels sont exposés les populations des bidonvilles.

Avoir réussi à surmonter les épreuves rencontrées au cours de cette année me donne une plus grande confiance en mes capacités. J’ai renforcé mes compétences de management, de gestion de projet et de résolution de conflits. Mais cette expérience a permis avant tout d’achever ce qui est pour moi le but de tout ingénieur : améliorer la situation présente et rendre à notre niveau le monde meilleur.

Jhane pendant sa cérémonie de graduation

L’histoire de Jhane Liwanan

Jhane est l’aînée d’une famille de 5 enfants. Depuis la mort de sa mère, elle doit s’occuper de ses frères et sœurs, et de son fils. Son père ramasse des déchets sur les bords de la route pour nourrir la famille. Un jour de janvier, elle voit venir à sa maison un groupe de jeunes accompagné d’un homme blanc. Ils lui expliquent qu’ils sont étudiants dans un centre d’aide aux jeunes comme elle, et qu’elle est libre de rejoindre l’équipe si elle le désire. Malgré la peur, le lendemain, elle ose franchir la porte du centre. Un an après, sa vie a radicalement changé. Elle travaille dans un bureau et peut enfin subvenir au besoin de sa famille. Désormais, elle se sent prête à réaliser ses rêves.

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