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AKENES
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19 novembre 2019

Voyage solidaire en tandem : une Centralienne et son compagnon en selle vers l'Asie

Pendant que certains commencent par ramer en début de carrière, Caroline Aubry (ECL2013) elle, a décidé de pédaler, en tandem avec Martin, son compagnon de route dans la vie, lui-aussi ingénieur. Direction, l'Asie, le Népal en passant par la Grèce et d'autres stops qui s'improviseront  au fil des rencontres et des projets solidaires qu'ils croiseront. Une façon pour eux deux de mettre leurs compétences au service des autres, et de (re)donner du sens à leur métier d'ingénieur. Rencontre.


Bonjour Caroline. Explique-nous comment est né le projet Akenes ?

Après avoir travaillé dans la construction, puis en conseil dans la conduite de changement, j’ai souhaité allier le concret à l’humain en m’investissant dans des projets humanitaires et solidaires, que ce soit dans des camps de réfugiés sur l’île de Lesvos en Grèce, en mission d’urgence au Mozambique, ou sur des chantiers participatifs en France avec le réseau Twiza. L’idée était de donner du sens à mon travail, de faire en sorte que mes compétences d’ingénieure servent directement aux personnes qui en ont vraiment besoin, et de ne plus travailler pour des clients, mais des bénéficiaires. Ces expériences ont également été l’occasion pour moi de croiser des bénévoles qui avaient réussi à monter leurs propres projets sociaux, éthiques ou humanitaires, en marge des grosses structures. Ça m’a tout de suite plu. J’en ai parlé à Martin, mon compagnon qui vient de terminer ses études d’ingénieur, et on s’est lancé sans trop se poser de question.

 

A quoi devrait ressembler votre aventure ?

Nous avons volontairement laissé une place importante à l’imprévu. Notre plan c’est peut être de ne pas en avoir. La seule chose qui est sûre, c’est notre volonté de donner une dimension solidaire à notre périple. Nous allons pédaler en tandem depuis Nancy en direction de l’Asie, avec un passage prévu en Grèce où nous avons déjà noué des contacts avec des ONG. En dehors de ça, rien n’est arrêté. Nous laissons les rencontres dicter le déroulement de notre aventure et celui des projets sociaux et durables dans lesquels nous nous investirons.

 


Vous êtes-vous fixé des objectifs ? Des buts à atteindre ?

S'il est difficile de définir avec précision les projets qui nous animeront, nous savons déjà qu'ils nous permettront de nous épanouir sur trois points qui sont :

1- Grandir, c’est-à-dire être en mesure de s'inspirer des rencontres et des projets pour nourrir nos réflexions en matière d'environnement, relation humaine, argent … C’est aussi, vivre une aventure, explorer un mode de vie plus sobre et identifier nos réels besoins. Enfin, grandir c’est acquérir plus d'expérience pour monter, soutenir et gérer des projets durables et pérennes.

2- S’investir en accordant nos actes et nos valeurs et en mettant nos compétences au service de projets durables et à but non lucratif, favorisant les interactions locales. Nous souhaitons également créer, accompagner, revitaliser ou soutenir des projets en fonction des besoins exprimés. Toutes ces actions auront comme axe prioritaire l’environnement au travers notamment de la valorisation de différentes méthodes de construction.

3- Transmettre en partageant la richesse de notre voyage avec notre entourage, les écoles qui nous suivent et les gens qui souhaiteraient suivre nos pas. C’est montrer qu'entreprendre un tel projet est accessible. Au-delà, cette aventure est aussi une façon de se questionner sur le rôle d'un ingénieur aujourd'hui.

 

Est-ce une parenthèse avant de reprendre une carrière plus classique, ou comme tu viens de le souligner, quelque chose de plus profond, avec pour ligne d’horizon, une réflexion sur la façon d’appréhender le rôle de l’ingénieur ?

Le fait de s’investir dans des projets qui ont du sens pour moi et pour les autres, rend en théorie difficile un retour à une carrière plus conventionnelle. Le projet Akenes est aussi une façon pour moi de m’interroger sur le rôle de l’ingénieur dans le monde d’aujourd’hui. Comment travailler à des projets en phase avec mes valeurs et aider la société à aller dans la bonne direction plutôt que d’œuvrer seulement au niveau de sa boite ? Je suis convaincue que les ingénieurs ont un rôle important à jouer dans les changements éthiques et durables que la société va devoir opérer dans les prochaines années. Reste à trouver le bon moyen pour être utile. Nous espérons que cette aventure nous apportera des réponses.

 


Parle-nous un peu de votre monture ? Pourquoi avoir choisi un tandem plutôt que le vélo par exemple ?

A l’origine, nous pensions partir à deux vélos, mais le tandem permet de gommer les écarts de condition physique qui peuvent nuire à l’expérience, entre celui qui doit ralentir pour attendre l’autre, et ce dernier qui doit vivre avec l’idée qu’il est le boulet de la bande. Nous avons rencontré un couple qui voyageait en tandem mixte avec une personne en position assise et l’autre couchée, et on a tout de suite vu les avantages que cela offrait en termes de répartition des efforts, de confort, mais aussi de capacité de stockage.

 

En parlant de bagages. Comment choisit-on ce qu’on emporte quand on a si peu de place et que le poids est une donnée importante à maitriser ?

On fait en sorte de voyager léger, de ne prendre que l’essentiel, même si chacun peut avoir une définition très personnelle de ce qui est « essentiel » et ce qui ne l’est pas. Par exemple, Martin ne se voit pas manger pendant des mois à même la casserole et a donc tenu à ce qu’on emporte des assiettes et des couverts. Quant à moi, j’ai négocié de pouvoir voyager avec une enceinte pour écouter de la musique. En fait, chaque affaire emportée fut l’objet d’âpres négociations ! :)

 

Premiers problèmes techniques au kilomètre 37

 

Comment peut-on vous suivre pendant votre périple ?

Nous communiquerons via les réseaux sociaux notamment Instagram et Facebook. Nous avons également créé un site internet autour de notre association appelée « Blovo » qui a pour but d’aider les porteurs de projets solidaires comme le nôtre, en leur apportant visibilité, soutien financier/logistique/administratif et autre si nécessaire. Une newsletter mensuelle est également adressée chaque mois aux adhérents avec le suivi des projets, le nôtre comme ceux à venir. N’hésitez pas à nous suivre !

Auteur

Caroline a débuté sa carrière professionnelle en qualité de cheffe de mission reconstruction écoles au Népal, puis "urgence post cyclones" au Mozambique et aux Philippines pour la fondation Architectes de l'urgence.

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