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Dylan Mognol
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05 mai 2020

Centralien de l’étranger : Dylan Mognol (ECL 2013), directeur de construction à Guayaquil en Équateur

Depuis son double-diplôme obtenu après des études à l’ECL puis à l’Université technique de Moscou, Dylan Mognol (ECL2013) parcourt le monde au gré des missions de construction de tunnels de la société Bessac. C’est depuis Guayaquil en Équateur qu’il a accepté de nous parler de son métier et de son parcours.


Bonjour Dylan. Tu es basé actuellement à Guayaquil en Équateur. Que fais-tu là-bas ?

Je suis directeur de construction et adjoint au chef de projet dans le cadre de la réalisation d’une conduite pression de 4000m qui vise à acheminer les eaux usées - via un micro-tunnel - entre une station de pompage et une station d’épuration. Ce projet financé par la Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement doit bénéficier à plus d’1 million de personnes du sud de la ville. En termes environnemental, il assurera le recyclage des eaux usées de la ville qui jusqu’à présent sont rejetées après un traitement primaire.

 

Quel est ton rôle précisément dans ce projet ?

Je coordonne pour la société Bessac - spécialisée dans la construction de tunnel, microtunnel et la fabrication de matériels pour travaux souterrains - l’ensemble des équipes de constructions qui opèrent sur 7 sites, sans compter les bureaux. Mon travail consiste à m’assurer du bon déroulement des travaux menés sur les différents chantiers. La dimension gestion de projet est également importante avec des problématiques de planning, de coût, de design… Il y a de quoi s’occuper. Je passe en moyenne 4h par jour sur les chantiers et le double au bureau.

Opération de tirage d'un pipeline dans un microtunnel passant sous une rivière en Géorgie

 

Depuis quand travailles-tu en Équateur ?

Je change souvent de pays en fonction des projets qui me sont confiés. Je suis arrivé à Guayaquil il y a un an et demi, dès que Bessac a été retenu suite à l’appel d’offre international lié au projet. J’espère que le chantier sera achevé d’ici la fin de l’année, même si la crise du Covid-19 risque de repousser les échéances.

 

A quoi ressemble la vie à Guayaquil  ?

Je ne peux pas dire que Guayaquil soit la ville la plus jolie d’Amérique du sud. C’est une ville très américanisée avec des quartiers fermés et protégés, où tous les déplacements se font en voiture.

Ça me change de ma précédente mission en Albanie où j’ai passé 1 an et demi dans un village de 5000 habitants au fond d’une vallée. C’était très joli le matin au réveil mais il n’y avait pas grand chose à faire. A l’inverse ici, il est possible de mener une vie sociale à peu près normale, même si je passe beaucoup de temps au travail : en moyenne 12h par jour, un peu moins le week-end !

 

Dylan Mignol dans un SAS hyperbare de secours utilisé en cas de problème médical nécessitant la recompression d'opérateurs hyperbares


Tu as travaillé en Albanie mais aussi en Biélorussie et en Géorgie. A quand remonte ton envie de mener une carrière à l’international ?

Difficile de répondre. Ce qui est sûr c’est que je suis attiré par les langues étrangères depuis le lycée. En plus de l’anglais et de l’allemand, j’y ai appris le chinois pendant 3 ans. Plus tard, lors de mon stage de première année à Centrale Lyon, j’ai décidé de partir à Novossibirsk en Sibérie pour y apprendre le russe. L’expérience m’a plu et j’ai décidé en fin de deuxième année de poursuivre ma formation à l’université technique de Moscou dans le cadre d’un double-diplôme. Au terme de mes études, la société Bessac m’a recruté pour travailler sur un projet de machine pour le métro de Minsk en Biélorussie. Depuis, je n’ai pas arrêté de voyager au rythme des nouveaux projets de construction.

 

Tu n’as donc jamais eu l’occasion de travailler en France ?

Si, j’y ai passé un an pour participer à la conception mécanique de la machine pour la construction du métro de Minsk. Celle-ci fut livrée sur le chantier mais je n’ai malheureusement jamais pu la voir tourner, car au bout de 2 mois en Biélorussie, on m’a proposé de partir en Géorgie pour travailler sur un projet pétrolier. Un gigantesque pipeline censé relier les champs de gaz à côté de Bakou en Azerbaïdjan, au sud de l’Italie. Je me souviens que ma première mission comme ingénieur travaux consistait à faire passer un pipeline sous une rivière. J’ai enchaîné avec un projet sur la même ligne mais situé en Albanie avec plusieurs passages sous des montagnes. Ce fut d’autant plus formateur qu’on m’avait confié la direction de ce projet. Je devais gérer l’ensemble des sujets, de la compta, aux décisions techniques, en passant par la sécurité, le reporting à ma hiérarchie etc. Cette expérience m’a fait franchir un cap notamment en termes de management avec une dizaine de nationalités à gérer sur le chantier.

 

Vidéo de l'assemblage de la machine de creusement de la seconde ligne du métro de Minsk en Biélorussie

 

A ce sujet, est-ce différent de travailler avec des Équatoriens ?

Il faut toujours chercher à s’adapter aux spécificités et aux standards locaux, notamment en termes de sécurité au travail. Ici quand tu fais appel à un sous-traitant, ses standards et habitudes de sécurité sont généralement très différentes des nôtres (Equipements de Protection Individuels, protection collectives, états des équipements, procédures…), et nous avons le devoir de les accompagner pour qu’ils s’adaptent à nos exigences qui sont sur ce point souvent bien supérieures aux leurs. A quelques exceptions près, car certaines sociétés locales sont habituées à travailler sur des projets de construction internationaux, comme par exemple celui du métro de Quito.

 

Photo d'un partie de l'équipe du projet mené en Albanie


Comment vois-tu ton travail évoluer à l’avenir ?

Je ne sais pas encore où me mènera mon prochain projet. Pourquoi pas partir travailler en Asie ou en Europe pendant quelques mois, mais cela dépend des chantiers gagnés par l’entreprise, il faut donc être assez mobile. J’espère surtout que j’aurais l’occasion de piloter des chantiers encore plus importants. C’est un des avantages de travailler à l’international : avoir des responsabilités et un pouvoir de décision conséquents, d’autant plus dans un contexte opérant où les imprévus sont quotidiens. J’apprécie cette dynamique et j’aurais du mal aujourd’hui à m’astreindre à un travail de bureau où les choses sont logiquement plus cadrées. On en reparle si tu veux dans quelques années...

 

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