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09 février 2022

Accélérer des changements durables par Christophe Lainé (ECL 1986) - Directeur général WSP France

Christophe Lainé (ECL 1986) est, depuis janvier 2021, le Directeur Général de WSP France, leader mondial de l’ingénierie dans le domaine de la construction avec 55 000 collaborateurs présents dans 50 pays. Un groupe qui met en avant une approche durable des projets qui lui sont confiés, avec également une attention particulière aux questions de diversité, de mixité et la prise en compte des handicaps. Rencontre avec un Centralien qui a toujours essayé de concilier ingénierie et développement durable dans sa carrière.


Bonjour Christophe. Votre société WSP vient d’émettre un rapport  intitulé ESG2020 « Accélérer des changements durables ». En quoi cela consiste-t-il ?

WSP place son action au cœur des défis qui attendent nos sociétés au cours du XXIème siècle. Pour y répondre, un programme global intitulé Future Ready® est déployé dans le monde entier. Il vise à anticiper les besoins du futur dans la conception des projets, tout en s’adaptant aux spécificités de chaque pays. Accélérer le changement, c’est également être volontariste en matière de diversité, de mixité et de prise en compte du handicap. Ce sont des orientations fortes au sein de WSP, portées à tous les niveaux du management.

En quoi consiste votre rôle de Directeur Général France et quelles sont les missions et objectifs  qui vous ont été fixés lors de votre nomination en janvier 2021 ?

J’ai été recruté pour que WSP devienne une ingénierie de référence, attractive, innovante et performante dans tous les domaines d’activité que nous couvrons en France, à savoir le Bâtiment, l’Industrie et l’Énergie, l’Environnement et les Infrastructures urbaines ou de transport. La notoriété de WSP est déjà très forte dans le domaine du Bâtiment, mon objectif est d’en faire de même dans les autres domaines. En termes quantitatifs, ma feuille de route consiste à développer WSP France pour amener son chiffre d’affaires à 75 M€ et ses effectifs à 500 ingénieurs et techniciens, en 2025.

WSP met souvent en avant son approche durable des projets qui lui sont confiés. Y a-t-il encore un travail d’évangélisation à effectuer auprès des industriels pour valoriser des solutions plus responsables ? Ou la prise de conscience et surtout les mesures contraignantes sont-elles selon vous suffisantes ?

WSP capitalise sur les avancées observées dans le monde entier pour remettre en cause le statu quo et accompagner ses clients sur le (long) chemin du développement durable.
Le défi climatique, nous le relèverons en travaillant vite et fort sur les 3 piliers suivants : la sobriété, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Et c’est très certainement la contrainte des réglementations qui aura l’effet le plus important auprès des industriels, car sans elle la concurrence n’est pas loyale et la contrainte économique limite fortement les solutions vertueuses que de nombreux industriels sont prêts à déployer.

Vous avez obtenu votre diplôme d’ingénieur à Centrale Lyon en 1986, à une époque où les questions environnementales étaient très peu évoquées. À quel moment de votre carrière ces sujets ont-ils commencé à apparaître dans votre activité professionnelle ? À quand remonte selon vous votre prise de conscience de l’importance d’adopter une démarche durable dans l’industrie ?

Depuis mon adolescence, les questions environnementales sont très importantes et j’ai fait le choix de faire ma carrière dans le domaine de la construction pour agir plutôt que subir, et participer à l’émergence de solutions limitant l’impact des ouvrages sur l’environnement naturel et humain. Pour mon premier chantier autoroutier, en 1993 dans l’Eure, la protection des milieux naturels était déjà une préoccupation forte de notre client, la SAPN.
La question du Climat est en revanche apparue beaucoup plus récemment chez nos clients ; ce n’est que depuis quelques années que les projets de construction font l’objet de comparaison de leur bilan carbone® et que les maîtres d’ouvrage s’intéressent à la résilience de leurs aménagements au changement climatique.

La COP26 s’est achevée sur un bilan mitigé. Les réserves émises par certains acteurs de ce sommet sont-elles les mêmes que celles auxquelles WSP doit faire face ?

Le constat est souvent le même, la dimension économique à court terme prend le pas sur les autres dimensions, ce qui limite le champ de l’innovation, surtout lorsque celle-ci vise le cycle de vie complet d’un projet (construction, exploitation, déconstruction). Pour se développer, les solutions plus vertueuses pour l’environnement ne doivent pas coûter plus cher au client final. Cette contrainte freine les avancées et limite leur portée. C’est pourquoi renforcer les réglementations est utile, car cela amène des secteurs entiers à requestionner leurs approches et cela donne une chance à de nouveaux entrants innovants et engagés dans la transition écologique, d’émerger.
Une autre évolution est également essentielle, elle touche à la façon dont on considère la performance des entreprises. Actuellement les indicateurs économiques sont mis en avant. Demain des indicateurs extra-financiers vont apparaître, encourageant les entreprises à améliorer leurs performances en matière d’environnement, d’intégration sociale et même de qualité de leur gouvernance.
Je crois enfin à une autre force pour faire bouger les choses, celle des nouvelles générations qui cherchent à donner du sens à leur engagement professionnel, à trouver une continuité avec les savoirs qui leur ont été enseignés et les convictions qu’ils ont acquises par leur ouverture au monde et aux questions sociétales.
Je le constate de plus en plus souvent chez WSP, nos jeunes recrues aspirent à travailler sur des projets qui leur permettent d’exprimer leurs talents au service d’un monde meilleur. C’est très encourageant pour l’avenir et cela me donne de l’énergie pour avancer résolument dans ce sens !

Auteur

Ingénieur Centrale Lyon et Docteur en Génie Civil de l’INSA de Lyon. Il intègre EGIS en 1993 comme ingénieur Travaux et devient responsable du bureau d’études de Lyon en 1999.
En 2000, il prend en charge l’activité d’EGIS Route dans le Sud-Est puis le pilotage des régions. Il participe à la création d’EGIS France en 2011, puis devient DG d’EGIS Villes & Transports en 2017. Depuis janvier 2021, Christophe LAINÉ dirige la filiale française de WSP, groupe mondial d’ingénierie.

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