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06 décembre 2020

Echanges avec Bernard Gilot (ECL1975), Champion de France senior de tennis par équipe

Retraité depuis peu, Bernard Gilot (ECL1975) n’a pas pour autant tiré un trait sur ses ambitions tennistiques. Rencontre avec cet éternel crocodile des courts tel qu’il aime se définir, avec qui nous avons eu la chance de faire quelques échanges.


Bonjour Bernard. Vous avez pris il y a quelques mois votre retraite professionnelle, mais pas sportive. Il paraît même que vous êtes Champion de France senior de tennis…
Champion de France senior par équipe, c’est important de le préciser. Je fais partie du Tennis Club du Grand Versailles où jouent de nombreux bons joueurs. Nous avons eu le plaisir bien mérité de nous qualifier pour la phase finale des Championnats de France des plus de 65 ans à Arcachon en septembre dernier. Les rencontres se succédaient tous les jours et j’ai disputé plusieurs matchs lors des tours qualificatifs avant que l’équipe ne remporte la finale.


Vous souvenez-vous de la meilleure perf tennistique de votre carrière ?
Vers l’âge de 35 ans, j’ai battu un joueur classé 4/6 lors d’un tournoi à Cognac. Je m’en souviens d’autant plus que battre un adversaire classé 2ème série ne m’est pas arrivé souvent. Et cela m’a beaucoup motivé par la suite !

Quel genre de joueur êtes-vous ? Plutôt Federer ou Nadal ?
En fait, plutôt Borg quand j’étais plus jeune. J’ai toujours été ce qu’on appelle un « crocodile », terme utilisé pour désigner le style de René Lacoste lors de la Coupe Davis en 1930. Je suis du genre à renvoyer toutes les balles et à attendre que mon adversaire commette la faute. Résultat, je passe souvent les matchs à courir aux 4 coins du terrain. Ça donne des matchs laborieux, notamment pour mes adversaires qui s’agacent de mon style de jeu. En effet, c'est mon point fort, comparé à certains de mes adversaires qui, très frustrés de n'avoir pas réussi à me battre, vont jusqu'à refuser de prendre le verre de fin de rencontre.

A l’inverse, on vous imagine très zen sur un court…
Je fais en sorte de ne pas montrer mes émotions en effet. Lors d’un tournoi, je me souviens qu’un type particulièrement énervé avait jeté vers moi sa bouteille d’eau parce que je prenais mon temps aux changements de côté. L’arbitre lui avait collé un avertissement et j’avais passé le reste du match à essayer de l’énerver encore plus car je savais qu’au moindre dérapage, l’arbitre s’empresserait de le disqualifier. Je précise quand même qu’intérieurement, je bouillonne régulièrement et passe mon temps à tenter de canaliser mes émotions. J’ai beau me répéter que ceci reste un jeu, je m'engage complètement sur chaque balle et ce n'est pas toujours évident de rester calme.


Quel est le type d’adversaire que vous détestez affronter ?
Je crois que je détesterai m’affronter sur un court! Les fois où j’ai joué contre un adversaire avec un style de jeu très défensif, les parties ont duré des heures. C'était très éprouvant!

Comment êtes-vous venu à vous intéresser au tennis ?
Mon père a été Champion du Maroc junior dans sa jeunesse et il m’a naturellement appris à jouer. J’ai disputé mes premiers tournois vers l’âge de 10 ans et n’ai jamais cessé depuis. Lorsque j’étais étudiant à Centrale Lyon, j’étais classé 15/2. Il n’y avait pas d’équipe de tennis au sein de l’École, mais j'ai beaucoup joué dans ma promo avec Gérard Auvergne qui m'a aussi permis de découvrir le tennis de table.  Olivier Teysseyre de la promo 76 était également un très bon joueur.

A part votre victoire contre ce 4/6, quel est votre meilleur souvenir sur un court de tennis ?
J’ai joué au tennis dans des lieux extraordinaires, en particulier sur le court central de Monte-Carlo. Le terrain était immense et je me souviens d’un point qui résume assez bien mon style de jeu. Mon adversaire vient de smatcher une balle que je parviens à aller chercher quasiment sur le court d’à côté. La balle revient tout doucement jusqu’à taper la bande du filet et retomber mollement de l’autre côté… au grand désespoir de mon adversaire !

Avec votre style de jeu, on imagine d’ailleurs que la terre battue est de loin votre surface préférée...
Et c’est encore plus vrai avec les années qui passent. Jouer sur terre-battue réduit les chocs pour les articulations. J’ai également beaucoup pratiqué sur gazon naturel lorsque je travaillais à Londres. C’est une surface très agréable car encore plus douce que la terre-battue. Mais à la moindre goutte de pluie, ça devient vite impraticable.

Vous fixez-vous encore des objectifs tennistiques ?
Je joue maintenant en catégorie plus de 65 ans. Avec mes 68 ans je suis considéré en général  comme un jeune par mes adversaires. Mais j’ai un peu rabaissé mes objectifs sportifs ces derniers temps. J’aimerais faire aussi bien que mon père qui est resté classé 15/5 jusqu’à 73 ans. Il me reste donc 5 ans à tenir à ce classement!

Auteur

Bernard Gilot (ECL1975) a fait carrière à l’international dans l’industrie pétrolière offshore, d’abord chez Schlumberger avant de rejoindre Coflexip devenu Technip dans les années 2000. Ses missions l’ont amené à travailler dans les principales régions pétrolières, depuis Abu Dhabi, jusqu’au Brésil en passant par l’Angola, le Nigeria, l'Angleterre et la Norvège.

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Commentaires

1 Commentaire

Jean-Luc TANGUY (2004)
Il y a 2 mois
Etant moi-même fan de tennis (modeste 15/5), je me félicite de cet article! Bravo!!

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