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05 juillet 2022

La transition écologique, priorité du Grand Lyon
Dossier Inter Centrale - Lyon et sa région

Face aux défis climatiques, énergétiques et de qualité de l’air, la Métropole de Lyon a voté en janvier 2020 un plan de programmation pluriannuelle d’investissements ambitieux de 3,6 milliards d’euros sur la période 2021-2026. Objectifs : mobiliser et coordonner tous les acteurs du territoire afin d’accélérer la transition écologique en faveur d’un territoire plus sobre, décarboné et résilient. Le point avec Luce Ponsar (ECL 2007) et David Leicher Auchapt (ECL 2011), respectivement responsable du service Écologie et ingénieur au sein du service Énergie climat de la Métropole de Lyon.


Institué par le plan Climat national en 2010, repris par les lois Grenelle et plus récemment par la loi de transition énergétique pour la croissance verte, le plan Climat-air-énergie territorial (PCAET)1 constitue un cadre d’engagement collectif pour le territoire. Celui du Grand Lyon compte aujourd’hui 145 partenaires locaux, qu’ils soient des institutions (communes, État, universités, hôpitaux, autres acteurs publics), des sociétés (industries, entreprises, producteurs et distributeurs d’énergie, acteurs de la mobilité du territoire) ou des acteurs relais (fédérations, associations professionnelles, bailleurs sociaux...).

La Métropole de Lyon a adopté son deuxième PCAET en décembre 2019, précisant les objectifs, moyens et actions à mettre en œuvre à l’horizon 2030 et 2050.

Réduire de 70 % les polluants les plus nocifs entre 2000 et 2030

Encore aujourd’hui, Lyon reste un mauvais élève en termes de qualité de l’air avec des seuils de pollution souvent supérieurs aux normes européennes, notamment pour les particules (PM10, PM2,5) issues du chauffage résidentiel et les oxydes d’azote (NOx) liés au trafic routier. Face à ce constat, la Métropole de Lyon s’est engagée à diminuer le trafic des véhicules polluants en développant les mobilités douces (création d’un réseau express vélo par exemple), en renforçant l’offre de transports en commun (nouvelles lignes, tarif métropolitain unique TER-TCL) mais aussi en favorisant l’extension et le renforcement de la zone à faibles émissions (ZFE), ou encore à travers la mise en place de mesures d’accompagnement social pour le renouvellement des véhicules vers des motorisations plus propres.

Quant au chauffage au bois à l’origine des deux tiers des émissions de particules pendant les épisodes hivernaux – alors que seule 8 % de la population se chauffe au bois – il profite d’actions incitatives vers des moyens de chauffage plus performants et moins polluants. Un poêle à pellets, par exemple, consomme 7 fois moins de bois qu’une cheminée et émet 30 fois moins de particules !

Accélérer la baisse annuelle des émissions de gaz à effet de serre

Alors que la population de la Métropole a augmenté de 15 % entre 2000 et 2017, les émissions de CO2 du territoire ont dans le même temps baissé en moyenne de 1,2 % chaque année. Un bilan certes positif mais qui reste insuffisant au regard des objectifs fixés par le PCAET pour 2030. Afin d’y parvenir, il faudrait une baisse de 2,5 % par an des émissions de GES, voire de 5 % annuel à horizon 2050 !

Un défi qui, pour être relevé, passe par une dynamique partenariale forte tant les sources de pollution sont multiples sur le territoire du Grand Lyon, avec 75 % d’entre elles qui échappent actuellement à l’influence des politiques publiques.

– 20 % : c’est l’objectif de baisse de consommation d’énergie de la Métropole entre 2013 et 2030. Une tendance qui passe par des actions de sobriété et d’efficacité énergétique fortes dans lesquelles le Grand Lyon veut jouer un rôle moteur, que ce soit directement, comme au niveau de la construction des bâtiments gérés par la métropole, la gestion des transports publics ou le secteur des logements sociaux, ou indirectement, en favorisant des mesures de sobriété et d’efficacité énergétique dans l’industrie, les bâtiments d’activité ou l’habitat privé.

Miser sur l’augmentation de la part des EnR

D’ici à 2030, la Métropole a pour objectif de couvrir 17 % des besoins de son territoire par une production d’énergies renouvelables et de récupération locales, soit le double de la production de 2017. Si l’hydraulique est aujourd’hui la principale source d’EnR avec 697,75 GWh produits sur l’année, d’importants investissements visent à développer d’autres sources comme le solaire photovoltaïque et thermique sur les bâtiments résidentiels, tertiaires et industriels, mais aussi le biogaz par la méthanisation de boues d’épuration et de certains biodéchets issus des activités économiques. La part des EnR dans la chaleur consommée au sein de la Métropole devrait ainsi passer de 56 % en 2019 à 65 % en 2030.

L’autre axe de développement relève de l’extension des réseaux de chaleur urbains afin d’atteindre 200 000 logements raccordés d’ici à 2030, contre seulement 80 000 en 2019. Ces RCU seront alimentés, en complément du gaz, par la récupération de chaleur industrielle, mais aussi par l’exploitation de bois extrait dans un rayon de 100 km autour du Grand Lyon et surtout par l’incinération des déchets via les unités de traitement et de valorisation énergétique (UTVE).

Le développement d’un réseau de chaleur permet en effet, grâce au raccordement à une chaudière centrale, de bénéficier d’un impact immédiat sur un volume de consommation d’énergie important. Dans cette même logique, des réseaux de froid sont présents sur le Grand Lyon et se substituent aux climatiseurs pour alimenter entre autres les bâtiments tertiaires.

Mise en place d’un service public de l’eau

Face aux dérèglements climatiques, aux conflits d’usage et aux sécheresses de plus en plus fréquentes, la Métropole du Grand Lyon s’est engagée dans une importante restructuration de la gestion de son eau potable avec, dès 2023, une reprise en régie du service de production et de distribution à l’échelle de son territoire. L’ambition d’agir sur l’ensemble du cycle de l’eau pour maîtriser la qualité et quantité de la ressource passe notamment par des acquisitions foncières pour sécuriser les périmètres de protection du champ captant, la gestion des eaux pluviales à la source et la désimperméabilisation des espaces publics ou des cours de collège, ainsi que la rénovation des stations d’épuration et le renouvellement des canalisations d’eaux usées.


1. Sous l’impulsion et la coordination de la collectivité, le PCAET du Grand Lyon s’inscrit dans une démarche de planification, à la fois stratégique et opérationnelle, des actions à mener à l’échelle du territoire de la Métropole pour lutter contre le dérèglement climatique et la pollution de l’air.

 

Une économie qui intègre les enjeux du dérèglement climatique

Convaincue que la transformation des acteurs économiques face aux grandes mutations représente un enjeu majeur pour assurer la résilience du territoire, la Métropole de Lyon a fixé de nouvelles grandes priorités d’actions au profit d’une croissance durable, responsable et solidaire :

- l’achat public responsable, avec la mise en place d’un schéma de promotion des achats responsables exigeant sur le plan de la relance écologique des entreprises du territoire ;

- le développement d’outils pour accélérer la transformation des entreprises, impulser davantage de processus circulaires et faire face à la raréfaction des ressources (création d’un fonds d’amorçage industriel, actions collectives en faveur de la décarbonation, en particulier dans la vallée de la Chimie, amélioration des sites d’activités industrielles, etc.) ;

- l’agriculture est aussi visée, avec une forte mise en lumière du recours à l’agriculture biologique et aux filières locales d’approvisionnement afin de développer des emplois agricoles locaux et d’améliorer la résilience alimentaire, une plus grande autonomie et justice alimentaire.


POUR ALLER PLUS LOIN...

Part-Dieu 2030 : un nouveau quartier à vivre

 

Deuxième quartier tertiaire de France avec plus de 2 500 établissements (entreprises, administrations, commerces…) et 60 000 emplois à la clé, la Part-Dieu est aussi un pôle d’échanges multimodal majeur au coeur de Lyon avec notamment la première gare de correspondance d’Europe. Un dynamisme évident mais peu compatible avec les grands enjeux de transition écologique et sociale actuels, qui ont amené la Métropole à repenser le quartier de la Part-Dieu pour en faire un nouveau quartier à vivre.

Une ambition déjà présente sous le mandat de Gérard Collomb et David Kimelfeld, anciens maires et présidents de la Métropole de Lyon, mais qui a été renforcée par les équipes du nouvel exécutif (Grégory Doucet à la Ville et Bruno Bernard à la Métropole) à travers une feuille de route révisée à l’horizon 2029 qui s’attache au développement de nouveaux usages, de nouvelles mobilités, d’un nouveau cadre de vie et d’habitat. L’ambition de ce projet est ainsi de créer une nouvelle manière de vivre la ville : plus résiliente et inclusive, en redonnant une place centrale à la nature, aux mobilités actives et décarbonées.

Pour y parvenir, la Métropole et la Ville de Lyon, accompagnée par la SPL Lyon Part-Dieu, ont fixé de nouvelles orientations à leur projet urbain :

- augmentation d’un quart de la surface destinée à la construction de logements, au détriment des bureaux (46 % de logements à prix maîtrisé (social)) ;

- développement des espaces publics fortement végétalisés. La surface de la canopée sera ainsi portée à près de 4 000 m² en 2025, et 9 600 m² en 2030 ;

- priorité donnée aux mobilités douces avec des espaces réservés aux piétons, le passage de 2 kilomètres de pistes cyclables à 9,5 kilomètres en 2030, et le développement des transports en commun ;

- nouveaux modes de construction pour réduire le bilan carbone des bâtiments et privilégier les réhabilitations aux démolitions ;

- diversification des activités économiques, notamment l’économie sociale et solidaire ainsi que les commerces et services de proximité.

Décarboner la vallée de la Chimie

Les émissions de GES du territoire de la vallée de la Chimie s’élèvent à 1 800 kt d’équivalent CO2 par an, soit 26 % des émissions totales de GES de la Métropole. Conscients de l’urgence, les industriels de la vallée de la Chimie et de la Métropole de Lyon ont identifié en 2021 plusieurs axes de travail afin de faire de ce site une plateforme décarbonée et connectée à ses habitants. La trajectoire carbone vise ainsi la diminution de 30 % des émissions de GES à l’horizon 2030.

Cela passe par le développement d’une offre d’accueil de nouvelles entreprises dans une logique d’écologie industrielle (synergies interentreprises, mutualisation d’équipements ou de services, optimisation de l’utilisation des friches…) et l’intégration des filières chimie-énergie-environnement traditionnelles dans une nouvelle chaîne de valeur adossée à la transition écologique et industrielle.

La concertation de l’ensemble des acteurs du territoire (industriels, élus, usagers…) a également pour ambition de faire de la vallée de la Chimie une référence « bas carbone » en Europe. Une « Usine énergétique métropolitaine » centrée sur le développement des énergies renouvelables et de récupération via des projets de récupération de la chaleur fatale, de cogénération, de solaire photovoltaïque, de biomasse-méthanisation et d’hydrogène vert. Il s’agit aussi de soutenir la R&D dans le domaine énergétique avec, par exemple, le stockage d’énergie renouvelable.

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Auteurs

Luce est responsable du service Écologie de la Métropole de Lyon et de la mise en œuvre des actions de réduction des pollutions (air, bruit), de protection de la population (risques industriels, inondations…), de protection du vivant et de la nature ainsi que de la transition agricole et alimentaire.
Ingénieur au sein du service Énergie climat de la Métropole de Lyon, David pilote les services publics de distribution d’électricité et de gaz et est responsable du démonstrateur industriel pour la ville durable « Lyon Living Lab Energy ».

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