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06 mai 2021

CentraleCoaching : ingénieurs, coachs et fiers de l'être !

Ingénieurs depuis plusieurs années, nous avons évolué vers les métiers de l’accompagnement humain, coaching, médiation, thérapie… et nous regardons nos parcours atypiques comme une originalité. Rassemblés depuis plusieurs mois au sein du groupe professionnel CentraleCoaching pour “pétiller et construire ensemble”, nous partageons aujourd’hui ce qui fait notre singularité : être ingénieur et coach*, comment cette double identité fonctionne.


(*) Dans notre article, nous entendons par coach l’ensemble des métiers de l’accompagnement humain, coachs, médiateurs, thérapeutes, facilitateurs, etc.


Oser sortir du cadre

Pour certains, il est difficile de définir, tôt dans la vie, un projet professionnel : tenir compte de leurs désirs, de la culture familiale, des impératifs de la société… Les uns ont une passion qu’ils assument et s’y épanouissent tout en gagnant leur vie ; d’autres suivent un chemin plus ou moins tracé par leur environnement et se posent peu de questions ou n’osent pas prendre de risque pour changer une vie qui ne les satisfait pas vraiment.
D’autres encore sont entre les deux : soit ils assument assez tôt leurs différences, les revendiquent et avancent en traçant leur chemin coûte que coûte, soit, plus tard, ils décident de s’affirmer, prennent le risque de changer ou saisissent une opportunité, après un incident de parcours ou un événement externe, qui les conduit à se poser les bonnes questions et oser enfin !

Le groupe CentraleCoaching a cela de puissant et singulier : il réunit des ingénieurs diplômés de différentes écoles mais possédent le fait d'être Centralien en commun. Ils ont chacun, avec leur parcours personnel, décidé à un moment donné d'évoluer vers une carrière différente, tournée davantage vers l’humain, vers l’accompagnement, le coaching... Chacun d’entre nous possède un attachement personnel, parfois très fort, à ce groupe en ce qu’il relie un moment clé de sa jeunesse à ce qu’il est maintenant après avoir assumé un vrai choix de vie.

Genèse et dynamique du collectif CentraleCoaching

En septembre 2018, Florie Allenet, ingénieure en finance d’entreprise, cherche à réorienter sa carrière, et s’intéresse au coaching. Elle échange avec deux ingénieurs Centraliens de Lille, riches d’expérience en entreprise et eux-mêmes coachs depuis plusieurs années, et cela la motive à entamer sa formation de coach.

18 mois plus tard, l’idée de créer un groupe de coachs ingénieurs lui vient en tête : être ingénieur, c’est socialement bien valorisé. En tant qu’ingénieur on fait carrière, on grimpe dans la hiérarchie… Être coach, c’est une autre histoire : il s’agit de sortir des sentiers battus, de créer un parcours différent, et notamment d’accompagner les personnes dans leur propre évolution professionnelle. Pourtant, ces deux approches sont complémentaires : comment concilier l’ingénieur et la coach ? Et pourquoi ne pas y réfléchir à plusieurs ? Elle contacte donc la dizaine de coachs qu’elle connaît, lance un appel aux différentes associations Centraliennes et le premier rendez-vous de mai 2020 est fixé !

D’abord, douze ingénieurs autour de la table, Lillois, Marseillais et Nantais, le groupe s’agrandit avec les Lyonnais, puis les Parisiens & CentraleSupélec, et regroupe 55 coachs, médiateurs, thérapeutes, superviseurs… Nous sommes heureux de nous retrouver et prenons plaisir à échanger ensemble. Pour certains c’est une réconciliation entre le parcours de l’ingénieur, scientifique et cartésien, et celui de l’accompagnant de l’humain, sensible et créatif.

Les principes fondateurs du groupe sont posés rapidement : nous fonctionnons en intelligence collective, afin de pétiller et construire ensemble. Nous nous réunissons une fois par mois. Nous construisons le collectif, nous lançons des initiatives originales et pertinentes : participer au MOOC 'Théorie U' du MIT, organiser une conférence en ligne de Philippe Guillemant (ECP 82), expérimenter les ateliers des uns et des autres…

L’objectif est également de nous tourner vers l’extérieur, d’être un collectif ressource auprès des Centraliens, étudiants, écoles, associations Centraliennes et Alumni. Nous souhaitons accueillir et accompagner leurs demandes, et proposer nos compétences là où c’est utile. Nous avons plusieurs projets en tête : mentorer les étudiants, enseigner dans les écoles, proposer des ateliers d’accompagnement professionnel et de développement de soi, etc.

Ingénieur & coach

Dès 1974, le psychothérapeute de l’école Palo Alto Paul Watzlawick, parlant de la systémique, fait le parallèle avec des notions mathématiques. Le changement de type 1, qui opère à l’intérieur d’un système sans le remettre en question, est mis en analogie avec la structure de groupe. Le changement de type 2, qui s’appuie sur des éléments extérieurs au système pour remettre sa structure en question, est mis en analogie avec les types logiques.

Cette analogie faite par un illustre psychothérapeute vient nous conforter dans notre conviction de l’apport d’une formation scientifique au métier de coach.

Transformation du métier d'ingénieur

L’ingénieur désignait initialement celui qui construisait des engins de guerre, puis son rôle a évolué de façon concomitante à l’évolution des connaissances scientifiques. Aujourd’hui, il inclut un champ d'expertise très large et varié. Les ingénieurs ont largement contribué au progrès technique dont nous bénéficions aujourd'hui.

Cet effort porté sur la technique a sans doute accentué le décalage qu’il y a de nos jours entre le progrès technique et ce qu’on pourrait appeler le “progrès humain” : décalage qu’on pourrait résumer en disant que la conscience n’évolue pas aussi vite que la science... Dit plus prosaïquement : on est capable d’envoyer un homme sur la lune depuis déjà 50 ans, mais on peut encore avoir des difficultés de communication avec son voisin !

Il est fondamental désormais de se concentrer aussi sur les moyens de ce “progrès humain”. Naturellement, cela devient une nouvelle dimension dans le champ sans cesse croissant de l’expertise de l’ingénieur, celui-ci étant toujours in fine à la recherche d’un “progrès” pris ici dans un sens plus large, englobant la question de la finalité.

Spécificité du coach ingénieur

Celle-ci tient à sa formation scientifique, ce qui lui confère 2 atouts principaux :

  • Des qualités développées comme ingénieur généraliste :
    Rigueur, logique, pragmatisme, capacité à prendre du recul, à comprendre les enjeux, à faire des liens entre les différents outils, à accepter différentes approches comme autant de dimensions… offrent un vrai plus dans l’exercice du coaching.
    Pour le coach, comme pour l’ingénieur, le processus est fondamental. L’esprit logique et la pensée critique tiennent aussi lieu de garde-fou pour un ingénieur accompagnant de l’humain.

 

  • Des connaissances fondamentales :
    Le coach travaille autour d’une « réalité subjective », telle que perçue par lui-même et par la personne coachée. La question de “la réalité”, à la frontière entre science et philosophie, intervient de façon constante dans le travail d’accompagnement. En effet on pourrait dire que le coaching a pour but de faire évoluer la “réalité” perçue par la personne coachée vers un point de vue plus vaste, lui offrant plus de choix.
    Les connaissances en physique fondamentale, en particulier la physique quantique, sont alors une aide pour comprendre cette notion, ne serait-ce que pour générer des analogies inspirantes dans le travail de coaching.
    Notons à ce propos que le terme “quantique” est de plus en plus utilisé comme argument marketing dans le coaching : le coach-ingénieur, sans être expert dans ce domaine, peut y apporter un regard rigoureux.

 

Une dialectique qui nous enrichit

Nous avons été surpris de voir à quel point nos axes de convergence sont forts au sein de groupe CentraleCoaching.
Issus de plusieurs écoles, nous appartenons à différentes générations. Notre vécu d’ingénieur varie de quelques mois à quelques décennies. Nos métiers liés à l’humain sont très divers, tout comme notre expérience en la matière. Cependant, nous avons constaté que notre formation nous rassemble bien au-delà d’une simple appartenance au réseau des Alumni.

En effet, notre formation d’ingénieur généraliste nous a appris à appréhender rapidement une discipline complètement nouvelle jusqu’à être capables d’échanger avec un expert du domaine.
Nous avons bien sûr mis en oeuvre cette capacité dans les univers techniques. Cette compétence si particulière nous est également extrêmement utile pour appréhender les disciplines d’ordre humain. Nous constatons que nous sommes tous à l'aise pour nous approprier naturellement un large éventail d'outils et surtout nous avons la capacité à faire facilement des liens entre ces outils, avec l’appétence du généraliste, dans un esprit d’ouverture.

Émotionnel... et rationnel !

Être à la fois ingénieur et coach favorise en outre un accès privilégié au langage de chacun de nos clients. Sans entrer dans les problématiques techniques de nos clients, nous sommes perçus comme des interlocuteurs légitimes. Nous créons un lien de confiance avec notre client autour de points communs forts. Celui-ci facilite le changement d’angle de vue sur la réalité.

Notre culture du rationnel intervient finalement à plusieurs niveaux. Présente dans la structuration de notre métier, elle s’adapte aux codes des entreprises clientes. Elle colore notre pratique. Au-delà de la relation de confiance tissée avec les clients, nos boîtes à outils se superposent. Un raisonnement logique aide à questionner une croyance limitante. Cette culture du rationnel nous aide aussi par exemple à extrapoler des indicateurs et métriques aux sujets d’ordre humain. Enfin, dans notre développement, elle sert de filtre pour s’approprier de nouvelles connaissances avec le recul nécessaire.

Coach est souvent un "second" métier que l'on pratique après une expérience dans un autre domaine. Disposer d'une formation et expérience d'ingénieur offre un vrai avantage dans un milieu où l'apport spécifique de chaque coach est difficile à identifier.

Ingénieur et coach sont deux métiers qui se combinent pour donner du relief à notre pratique.

Une posture de coach qui nourrit l'ingénieur

Aujourd’hui, les trajectoires professionnelles ne sont plus linéaires. Il est loin le temps où, rentrés dans un grand groupe à l'issue du stage de fin d’études, nous réalisions une carrière tracée, évoluant de poste en poste et montant dans la hiérarchie, pour atteindre un poste à responsabilités, envié, au sommet de l’entreprise. Nos parcours professionnels sont jalonnés d’imprévus, de remises en question, de changements d’orientation professionnelle et d’opportunités qui se créent au fil de nos vies.

Devenir coach, être coach, c’est aussi une étape dans un parcours professionnel, une opportunité de prendre le temps de réfléchir à notre propre parcours, en même temps qu’on accompagne celui de nos clients. Car les questionnements de nos clients résonnent souvent avec les nôtres, nous font prendre conscience de nos zones inexplorées, de nos fragilités qui sont autant de ressources à investiguer. En tant qu’ingénieur, on identifie les problématiques délicates autant que les forces sur lesquelles s’appuyer, et on accompagne la personne, l’équipe, le projet, l’organisation pour que chacun puisse donner le meilleur de lui-même, pour la performance collective et le progrès humain.

Certains exercent simultanément les deux métiers de coach et d’ingénieur. Et au-delà du métier, l’ingénieur coach adopte une véritable posture en tant qu’individu, que l’on retrouve comme manager, chef de projet, consultant, parent… C’est une manière d’être, de vivre, d’entrer en relation avec les gens, d’apporter sa pierre à l’édifice. Être coach va au-delà de l’utilisation d’une boîte à outils, c’est en fait la capacité de construire, de contribuer au progrès de l'humanité, d’intégrer la dimension humaine au travers du sens, des besoins, des cultures, de l’évolution perpétuelle.

Conclusion

Étonnant d’observer comment spontanément, à l’initiative d’un d’entre eux, ces ingénieurs issus de l’ensemble des Écoles Centrales et CentraleSupélec se sont réunis pour échanger et travailler, en bon ingénieur, sur leur spécificité d'ingénieur et de coach à la fois.
Tous revendiquent avec joie et force cette double dimension d'ingénieur et de coach qu’ils déclarent être un atout indéniable.

Leur premier étonnement est de constater que, malgré leurs parcours professionnels profondément diversifiés, ils se rejoignent sur 2 points, tels des ancres : une même formation initiale, et un même engagement au final dans l'accompagnement de l'humain.
En tant qu'ingénieurs, ils déploient démarche scientifique, rigueur et prise de recul : capacité à explorer, analyser, modéliser et résoudre. Dans un état d’esprit d’ouverture, connecté à la réalité, pragmatique, l’ingénieur résout et conçoit des solutions à des problèmes complexes, innove, contribue à une société nouvelle.

En tant que coachs, ils savent mieux interagir, mieux accompagner leurs interlocuteurs, quels qu’ils soient : dirigeants, équipes, collaborateurs, organisations. « La dimension humaine est tout simplement indissociable de la dimension projet, disent-ils, on l’oublie trop ».

Tous expriment une satisfaction profonde d’avoir osé sortir du cadre, osé explorer ces zones inconnues, osé sortir de leurs zones de confort. Ils ont su écouter leurs intuitions. Ingénieur et coach : ils sont complètement “alignés” !

Les ingénieurs coach sont des pionniers au service de la société, en toute authenticité, simplicité, humilité… et en toute humanité.

Écrit par Anita Sillon (ECP 84), Anne Craye (ECLi 86), Florie Allenet (ECLi 04), Franck Amiach (ECL 1995), Jean-Pierre Guichenez (ECP 84) et les 56 ingénieurs du groupe CentraleCoaching.

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