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06 novembre 2023

Xuehai Shu (ECL2007) : Directeur financier et directeur général par intérim de 2 sociétés en Chine pour la holding Mutares SE & Co KgaA

Xuehai Shu (ECL 2007) fait partie des Centraliens de plus en plus nombreux qui ont choisi de faire carrière dans le conseil. Installé depuis plus de deux ans en Chine où il dirige deux sociétés pour le compte de la holding allemande Mutares SE & Co KgaA , il partage pour Technica son parcours qui l’a fait passer par un MBA à la Tuck School of Business, avant de multiplier les expériences en Belgique, Allemagne et aujourd’hui en Chine.


Bonjour Xuehai. A votre sortie de Centrale Lyon, vous débutez votre carrière chez Areva comme Project Planning Engineer, avant de décider de reprendre vos études deux ans plus tard avec un MBA aux US. Qu'est-ce qui vous a décidé d'ajouter cette dimension business à votre formation initiale ?

Mon diplôme de Centrale Lyon en poche, il me semblait logique de débuter ma carrière dans un poste orienté ingénierie. Ce que j’ai fait en intégrant Areva pendant deux ans. Mais j’avais aussi l’ambition à plus long terme de briguer des postes de directeur général, et pour cela, il me fallait à la fois, compléter ma formation avec un apprentissage structuré autour de l'entreprise, mais aussi développer un vaste réseau de professionnels partageant les mêmes idées et visions que les miennes. Le MBA a parfaitement rempli ces deux objectifs.

 

Quelles sont les expertises les plus utiles que avez-vous développées au cours de votre formation MBA?

Les deux choses les plus précieuses que j’ai acquises avec mon MBA reposent sur deux grands axes que je pourrais résumer comme étant les connaissances d’un côté, et les personnes de l’autre. J’ai beaucoup appris en matière de marketing, de stratégie, de logistique et de management, grâce à un enseignement basé sur des études de cas concrets. Ces connaissances sont venues parfaitement compléter le bagage technique de ma formation d’ingénieur.

Le réseau est l’autre grande plus-value de mon MBA. Mon choix de la Tuck School of Business a d’ailleurs été en grande partie dicté par la richesse de son réseau alumni, considéré comme le plus actif de toutes les business school américaines. Au-delà des nombreux classements (FT, US News, QS etc.) qui témoignent de cette entre-aide entre diplômés, j’ai personnellement pu constater son dynamisme dans les années qui ont suivi ma formation, avec un soutien et des conseils toujours bienveillants de la part des anciens élèves de l’École.

Votre MBA en poche,votre carrière a pris un virage très orienté business. Si vous deviez trouver un fil conducteur qui relie toutes vos expériences en Belgique et en Allemagne, comment le définiriez-vous ?

Lorsqu’on obtient un MBA, on s’oriente généralement soit vers une carrière dans une banque d’investissements, soit dans le secteur du conseil ou dans celui des grandes entreprises. J’ai choisi le conseil pour la diversité des missions et des problématiques commerciales rencontrées, avec pour chacune des solutions sur mesure à imaginer. Il y a un souffle, une énergie dans le conseil qui ont façonné ma personnalité et ont sans doute orienté mes choix de carrière tout au long de ma carrière depuis la Belgique jusqu’à la Chine aujourd’hui.

Votre MBA a-t-il selon vous davantage influencé votre carrière que votre diplôme d'ingénieur ?

Les deux diplômes sont tout aussi importants et significatifs l'un que l'autre. Ils m’ont chacun à leur façon permis d'arriver là où je suis aujourd'hui. Sans mon diplôme d'ingénieur, je n’aurais probablement pas pu me former à une méthode structurée de résolution des problèmes, je n’aurais peut-être pas été admis au MBA et je n’aurais probablement pas fait carrière dans le conseil.

En septembre 2021, vous quittez l'Allemagne pour une nouvelle expérience professionnelle en Chine. Comment s'est présenté cette opportunité ?

Le fond de capital-investissement pour lequel je travaille a acquis en 2021 une entreprise présente en Chine. Lorsqu’on m’a proposé de prendre le poste de Directeur Général, une première pour moi, j’avoue avoir un peu hésité, avant de finalement accepter de relever le défi. Avec le recul, je pense que j'ai pris la bonne décision, puisque l'EBITDA de la filiale chinoise s'est considérablement amélioré au cours de l'année sous ma supervision. Exactement un an plus tard, le fond a réalisé une nouvelle acquisition en Chine pour laquelle j'ai été nommé directeur général. Ces deux expériences m'ont permis de jeter les bases d'une nouvelle évolution de ma carrière.

Vous avez travaillé en France, en Belgique, en Allemagne et aujourd'hui en Chine. Quelles sont selon vous les principales différences dans la façon de travailler ?

Contrairement à ce qui se passe en Europe, où le rôle de chacun est précisément cadré, en Chine comme aux États-Unis, l’important est que les choses soient faites et que les projets aboutissent, peu importe que telle tâche soit ou non précisée dans votre contrat de travail. Les Chinois sont également beaucoup plus enclins à faire des heures supplémentaires, car la plupart des gens considèrent que cela fait partie de la routine, alors que c'est rarement le cas dans l'UE. Ceux qui prévoient de venir travailler un jour en Chine doivent être conscients des particularités de la culture chinoise en matière de travail.

Si vous deviez convaincre un recruteur, comment présenteriez-vous votre profil et votre expertise ?

Je reprendrais ce que j’ai indiqué sur mon cv en me présentant comme un professionnel motivé par les objectifs, qui est très innovant, et ayant fait ses preuves dans la création et l'exécution d'initiatives stratégiques et opérationnelles dans différents secteurs, notamment celui de l'énergie et des matériaux (y compris l'exploitation pétrolière et gazière, l'exploitation minière), les services publics, les produits chimiques, etc. J’insisterais sur le fait que je possède de fortes capacités analytiques et des compétences de pointe en matière de modélisation, ainsi qu’une vaste expérience de l'engagement et de l'alignement des parties prenantes dans plusieurs unités d'affaires. Je m'attache par ailleurs à résoudre les problèmes et possède une solide expertise en matière de transformation, de création de valeur, de PMO, de redressement, de restructuration et d'évaluation des risques. Enfin, je préciserais que je suis un excellent communicant parlant couramment le chinois, l'anglais et le français et avec des connaissances en allemand.

Quelle orientation aimeriez-vous donner à votre carrière dans les 5-10 prochaines années ?

Au cours des prochaines années, j'aimerais poursuivre ma trajectoire actuelle en tant que partenaire opérationnel du fond de capital-investissement. À moyen terme (5 à 10 ans), je souhaite évoluer vers l'aspect transactionnel voire régional du fonds, en supervisant à la fois la transaction et l'exploitation. Le retour au sein de l'entreprise est également envisageable en fonction de la fonction elle-même.

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Directeur financier et directeur général par intérim de deux sociétés en Chine pour la holding Mutares SE & Co KgaA

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