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04 décembre 2023

Startup Challenge 2023 : seconde place ex-æquo pour Plastolaris et sa solution de recyclage des déchets plastiques générés par les imprimantes 3D

Avec le développement de l’impression 3D se pose la question du traitement des déchets plastiques  (chutes, impressions ratées ou non utilisées) dont les volumes ne cessent d’augmenter.  Gabriel Dannonay (ECL2022) alors lycéen décide en 2019 de se pencher sur la question avec 3 de ses camarades. 4 ans plus tard, leur solution de recyclage fonctionne et a fait forte impression lors du Startup Challenge 2023 à Phoenix, avec à la clé, une seconde place ex-æquo.


Bonjour Gabriel. Le projet Plastolaris est né en 2019 dans la tête de 4 lycéens dont tu faisais partie. Comment vous est venue l’idée ?

Rémi Bussiere, Nathan Leignier, moi et une quatrième personne qui a depuis quitté le projet, étions dans la même classe de terminale SSI au Lycée de la Plaine de l’Ain. Dans le cadre de l’épreuve de Sciences de l’Ingénieur du baccalauréat, nous devions travailler en petit groupe sur un projet à mener tout au long de l’année. Rémi, grand passionné d’impression 3D et de technologie, nous avait parlé d’un problème auquel lui et le Fablab de sa ville faisaient face : l’accumulation des déchets liés aux impressions 3D. Nous avons convenu que le sujet était suffisamment pertinent pour que l’on commence à réfléchir à une potentielle solution. Le projet Plastolaris était né !

Peux-tu nous pitcher l’offre Plastolaris telle que toi et tes associés la concevez aujourd’hui ?

Plastolaris est une entreprise qui produit et vend 4 machines qui permettent de recycler les déchets issus de l'impression 3D, en une toute nouvelle bobine de fil imprimable. Notre gamme se compose d’un broyeur qui transforme les déchets en copeaux de plastique, d’une extrudeuse qui transforme ces copeaux en un fil de diamètre précis, d’un système de refroidissement, et enfin d’un bobineur qui enroule ce fil sur une bobine. La bobine peut ainsi être récupérée et de nouveau utilisée avec une imprimante 3D. Plastolaris apporte ainsi une solution globale à l’accumulation des déchets d’impressions 3D.

A qui s’adresse la solution Plastolaris ?

Nos machines sont destinées à tous les utilisateurs d’imprimantes 3D car l’usage de cette technologie implique  nécessairement la génération d’un certain volume de déchets. Toutefois, plus le volume de déchets ou d’impressions non utilisées est important, plus nos machines ont d’intérêt. Aussi, souhaitons-nous principalement cibler les Fablabs et les entreprises. Nous avons échangé avec de nombreux Fablabs et acteurs du milieu de l’impression 3D, notamment lors de salons, et tous sont demandeurs d’une telle solution car à l’heure actuelle, leurs déchets et impressions non utilisées sont jetés ou stockés.

Quels sont les points d’amélioration que tous les 3 avez identifiés ?

Notre priorité est d'être en mesure de développer une gamme de machines dotées d'une capacité de recyclage encore plus grande car certains industriels génèrent un volume très important de déchets.

Avez-vous rencontré des difficultés techniques depuis le lancement du projet ?

Depuis 2019, nous avons fait face à de nombreux défis techniques, comme par exemple au moment où nous avons dû dimensionner le moteur entraînant la vis sans fin de l’extrudeuse, car le plastique fondu et les frottements de la vis créaient un important couple résistant. Le dimensionnement du raccord entre l’arbre moteur du broyeur et l’axe sur lequel se trouvent les “dents” du broyeur fut également assez complexe à gérer. Cette difficulté technique est de loin celle que nous avons eu le plus de mal à surmonter. La résistance au broyage des pièces imprimées en 3D que l’on souhaite recycler dépend en effet des paramètres d’impression (géométrie, masse volumique, taille, …) et peut être extrêmement élevée. Le broyage de certaines pièces se révèle particulièrement compliqué et génère des efforts considérables sur l’axe des “dents” et du moteur  entraînant la casse de nombreux raccordements. Nous avons toutefois fini par trouver une solution robuste à ce problème!

En quoi le fait d’étudier à Centrale Lyon participe-t-il à faire évoluer le projet ?

Les cours suivis à Centrale Lyon m’ont permis d’appréhender des problématiques en lien direct avec notre projet, comme par exemple le cours de gestion d’entreprise et surtout celui d’IDM puisque ce dernier contient une partie qui porte sur l’étude des polymères et notamment leur recyclage. J’espère également que le parcours “Entreprenariat” dispensé par l’École va me permettre de développer de nouvelles compétences pour faire grandir notre projet. Je n’oublie pas non plus le rôle joué par le réseau des alumni de l’École à l’origine du Startup Challenge pendant lequel nous avons eu l’opportunité de faire de nombreuses rencontres enrichissantes.

Y-a-t-il eu un moment de stress, où vous vous êtes dit, “ça s'annonce compliqué” ?

Le jeudi soir, lors du premier événement du concours, nous avons participé au Venture Café Global de Phoenix. Lors de cette soirée nous devions pitcher en 5 minutes notre projet devant une trentaine de membres du réseau Venture Café Global, le tout en anglais. Avec mon camarade Rémi Bussiere, nous avons “ouvert” cette soirée et j’étais alors le premier intervenant, ce qui, je l'avoue, me faisait un peu stresser. Au final, une fois le micro en main, tout s’est bien déroulé et nous avons tous passé une très bonne soirée!

Les startups Plastolaris et Protomia (vainqueur du concours) aux côtés de Frank Debouck et Pascal Ray

Outre la récompense associée à votre classement, vous avez pu bénéficier de nombreux conseils. Quels sont ceux qui vous ont marqués?

Lors de notre séjour à Phoenix nous avons reçu bon nombre de conseils sur le développement d’un projet entrepreneurial. Il nous a notamment été conseillé de voir beaucoup plus grand, d’oser et d’éviter à tout prix l’autocensure. Certaines personnes nous ont aussi fait remarquer le fait que mon groupe et moi étions avant tout un groupe d’amis et qu’il ne fallait surtout pas perdre cela de vue car c’est une des forces de notre équipe.

Quelles sont les cartes de visite que tu ne pensais pas avoir un jour dans ton portefeuille ?

Dans le cadre de la finale du Startup Challenge 2023 à Phoenix nous avons effectué de nombreuses rencontres toutes plus intéressantes les unes que les autres et je n’aurais par exemple jamais pensé avoir un jour le contact de Marc Onetto (ancien Senior Vice President of Worldwide Operations and Customer Service chez Amazon) ou encore de Jean-Pierre Millon, Alexandre Gicqueau et Gerald Farrenc. C’est au cours de multiples échanges avec ces quatre personnes en particulier que nous avons pu recevoir de précieux conseils sur le développement et la gestion d’un projet entrepreneurial.

Concrètement, à quoi t’a servi cet événement et comment penses-tu qu’il va faire évoluer Plastolaris ?

Cet événement et toutes les rencontres qu’il nous a permis de faire ont été aussi bien bénéfiques pour notre Projet Plastolaris que pour moi à titre personnel. Nous étions entourés de personnes qui ne souhaitaient qu’une seule chose : nous aider à avancer dans notre projet. Par ailleurs, notre deuxième place ex-aequo nous a permis de voir notre projet récompensé

d’une somme importante d’argent que nous allons très prochainement utiliser dans la certification UE de nos machines et dans la protection de ces dernières d’un point de vue de la propriété intellectuelle.

Un dernier mot à adresser aux alumni de Centrale Lyon ?

Merci aux alumni de Centrale Lyon de faire vivre la communauté centralienne jusqu’aux États-Unis. Un énorme merci aux organisateurs de l’édition 2023 du Start-up Challenge, pour nous avoir offert une telle opportunité et pour avoir eu confiance en nous et notre projet, nous leur en sommes profondément reconnaissants.

Découvrez les solutions de recyclages de déchets plastiques issus de l'impression 3D sur le site Plastoralis.com

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