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08 mars 2022

Thierry Rodier (ECL 1979) : 40 ans de carrière en SI, stratégie financière et direction dans le secteur bancaire

Thierry Rodier (ECL 1979) a passé 40 ans dans le secteur bancaire. Le temps de participer à plusieurs révolutions technologiques, stratégiques et organisationnelles. Au moment de faire les comptes, il revient pour Technica sur une carrière riche en expériences, avec un conseil qu’il s’applique ici à lui-même : savoir communiquer dans un langage simple, adapté à ses différents interlocuteurs !


Avant l’ECL ?

Né dans le Poitou, grandi en Charente Maritime. Élève précoce mais pas très concentré. Attiré par l’histoire et les maths. S’est essayé au piano, au hand mais féru de lecture, de danse classique et de judo. S’est laissé porter par ses bons résultats en maths vers une prépa à Bordeaux et s’y est fait des amis dans une ambiance d’entraide et où le tarot permet d’évacuer le stress de la charge de travail et des concours.

Pourquoi et comment Centrale Lyon ?

En 5/2, une école généraliste (pas de vocation…) sur un campus sympa. Assidu mais – aveu – pas passionné par les cours. Et capable de faire sauter le courant du labo d’électrotechnique lors d’une manip ratée ! Des amis (qui le sont restés), la découverte du bridge (une passion qui perdure) et en parallèle une licence de sciences éco à Lyon 2 pour ouvrir le champ des possibles (relations avec l’EML en face très limitées alors…). A goûté au volley et a réussi à dévaler en Kway et en vrac la piste de descente dames des JO de Grenoble à Chamrousse lors d’un week-end ski !

A la sortie de l’ECL ?

Après l’épisode du service militaire (scientifique du contingent au Centre d’essais des propulseurs – sans commentaire), a ciblé le tertiaire (c’était le bel âge, dix propositions d’embauche sans effort de recherche…). Recruté par l’UAP (un des ancêtres d’AXA) pour s’occuper de risques industriels. Pendant un mois, a rayé des mentions inutiles dans des formulaires (pour les curieux, écouter « Le formulaire » de Frédérik Mey) et a démissionné pour rejoindre le poste sibyllin « d’ingénieur en organisation » au Crédit Agricole. S’est éclaté à participer au lancement du paiement électronique en France pendant 3 ans.

La banque pour un Centralien ?

A l’époque, très original. Quelques rares ingénieurs dans l’ensemble du secteur… et surtout en SI. Mais vraiment top : après la carte (diffusion de la carte à mémoire), l’ensemble des moyens de paiement au Crédit Mutuel (création des systèmes de compensation interbancaire - paiement et titres, du Groupement Carte Bancaire, etc.) et première expérience en management. Progression rapide et appréciée. Puis, plongeon dans l’organisation « pure » : restructuration interne, procédures, accompagnement de projets SI des marchés financiers (arrivée des dérivés sur titres – et première OPA des banques sur les ingénieurs pour calculer des risques, réaliser des modèles…) mais aussi de la planification stratégique. Vraiment divers et visible de la DG, donc très gratifiant. Un bail de 7 ans sans nuage.

En dehors du bureau ?

« Monté à Paris », une greffe qui prend bien, à fond dans la vie parisienne : spectacles, expositions, brunchs (inconnus avant), brocantes… et bridge, ski, piscine, etc. Des voyages aussi, loin comme la Thaïlande, la Californie (chez des amis centraliens), l’Australie (cadeau des 50 ans) ou près comme la Toscane ou l’Irlande. Un premier appartement acheté à 30 ans et un nouveau – 500m plus loin – à 55 ans. Mais un ressourcement régulier dans le Poitou en famille.

La suite, un long fleuve tranquille ?

Non, d’abord un long CDD (6 ans) à la COB (ancêtre de l’AMF), pour l’aider à passer de la machine à écrire à l’informatique et à Internet. Un melting-pot fabuleux avec les avantages et les inconvénients du secteur public. Puis, un passage à vide avec 9 mois de chômage, très surpris, après des expériences plutôt réussies, de ne pas être, à 40 ans, celui qu’on s’arrache. Ça remet les idées en place ! Intègre COTEBA Conseil (devenu ALTURIA), cabinet de conseil en organisation et management pour aider la BNP à passer l’ensemble de ses services à l’euro. En 2000, inscription à l’executive MBA d’HEC (tardif mais adapté – conseil : un MBA après une première expérience pro est un must). Missions s’enchaînant et responsabilités s’élargissant jusqu’au poste de directeur de la « practice » banque/finance, incluant pilotage d’équipe, démarche commerciale, communication institutionnelle et interne… Et puis, le rachat en 2 « bandes » du cabinet et le sentiment de ne plus être raccord au bout de 12 ans.

Dernier changement ?

Retour dans la banque à LBP - La Banque Postale (salaire amputé vs qualité de vie personnelle/professionnelle améliorée), plus de 4 ans comme chef de mission à l’Inspection Générale avec des missions variées, une approche orientée vers l’amélioration et non la sanction, des équipes de jeunes inspecteurs à cadrer, des relations aux plus haut niveau – expérience super. Puis appelé à participer à la création d’un cabinet de conseil interne. Et enfin, responsable de la mise en conformité RGPD (informatique et libertés) pour l’ensemble du groupe LBP, avec des actions allant du juridique au SI, fonction épanouissante. Depuis, 1 an, mis à disposition d’une association – l’IEFP/La Finance pour tous – dans le cadre d’un mécénat de compétences : vulgarisation économique et financière via des articles (Internet ou presse), des conférences pour des étudiants, des formations pour des intervenants auprès de populations en difficulté financière, etc. – des actions de transmission avec neutralité et éthique.

Que dire de LBP ?

Une banque jeune, qui « bouge », avec des projets, un mode de fonctionnement globalement efficace et qui offre à de jeunes ingénieurs des perspectives attractives, dans les secteurs de la maîtrise des risques, des marchés financiers, du SI (digitalisation, cyber-protection, etc.) et bien d’autres. Avec en plus, un supplément d’âme : une banque « pas comme les autres ». Un exemple, son mécénat « L’Envol » qui accompagne des jeunes défavorisés de la 2nde au supérieur pour intégrer des filières d’excellence (générale ou pro).

Et bientôt ?

La retraite dans quelques mois, abordée sans appréhension et avec un double sentiment : une vie pro bien remplie et le souhait d’être – au moins un peu – utile. Et enfin, la possibilité de fréquenter les expos en semaine, sans la foule !

Formation ECL dans ce parcours ?

Matériau des enseignements pas utilisé (aie, aie, aie) mais tout le reste a été le nec plus ultra : mener un projet, travailler en équipe (multidisciplinaire, interne/externe, etc.), ne jamais oublier la rigueur (y compris dans les détails, parfois), définir des priorités pour soi et les autres, capacité à sortir du cadre pour innover, analyser et synthétiser, envie d’apprendre et de découvrir… Un conseil pour finir : s’appliquer à communiquer dans un langage simple, adapté à ses différents interlocuteurs.

Auteur

Thierry Rodier est actuellement Chargé de mission à La Banque Postale - Détaché en mécénat de compétences à La finance pour tous.

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