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Association des Centraliens de Lyon

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13 janvier 2020

Rencontre avec Adrien Pyskir doctorant PSA Centrale Lyon

Originaire de Roanne (42), Adrien Pyskir a commencé ses études d’ingénieur au sein de la section sport-études de l'INSA de Lyon. Sa discipline : l’aviron. Lors d’un échange ERAMUS à Stockholm, il s’intéresse de plus près à la science de l'acoustique et des vibrations. Une fois son diplôme d'ingénieur en mécanique en poche, il débute une thèse de vibroacoustique en collaboration entre PSA Groupe et le LTDS de l’École Centrale de Lyon. Thèse qu’il soutiendra cette année, après trois ans de recherche et qui lui a déjà valu de remporter le ‘Best Presentation Award' au dernier congrès ICAV 2019,  International Conference on Acoustics and Vibration à Tokyo !


TECHNICA : Bonjour Adrien. Qu'est-ce qui se cache sous le nom de "resonant auxetic metamaterial for automotive applications in vibration isolation"?
C'est un système d'isolation des vibrations, basé sur un mécanisme innovant, sur lequel j'ai travaillé avec PSA Groupe.

Si tu devais expliquer avec des mots simples en quoi consistent tes recherches ?
Les recherches de ma thèse consistent à explorer le domaine des métamatériaux pour améliorer le confort vibratoire et acoustique dans les voitures. Et les métamatériaux, c'est en quelque sorte l'art (enfin... la science !)  d'architecturer de la matière de manière à obtenir, généralement à certaines fréquences, des propriétés exotiques.

Quelle utilité peuvent avoir tes travaux pour l'utilisateur final ?
Il s'agit d'améliorer le confort et l'expérience acoustiques et vibratoires des usagers automobiles. La finalité n'est pas nécessairement de supprimer tous les bruits et vibrations, mais plutôt d'isoler les nuisances de manière à ce que l'usager  ne perçoive que ce qu'il veut (ou doit) entendre (ou ressentir), que ce soit sa musique, un klaxon, ou le ronflement du moteur de sa voiture de sport.

Peux-tu nous raconter la dernière fois où, lors de tes recherches, tu t'es dit « Eureka ça fonctionne ! » ?
Oui c'était il y a quelques semaines, en pleine fin de rédaction de mon manuscrit de thèse. Il était 3h du matin. La date limite approchant, je travaillais parfois la nuit, même si ce n'est pas une généralité chez les thésards ! Somnolant devant mon écran, je rédigeais l'analyse de courbes que j'avais obtenues, mais il y avait des résultats incohérents. À un moment, j'ai eu l'intuition de comparer ces courbes avec celles d'un autre chapitre de ma thèse et bingo ! Ca collait parfaitement (ou presque !). Ça m'a permis de mettre en lumière un phénomène dont nous soupçonnions vaguement l'existence mais qui n'avait jamais été vérifié jusque là, et qui constitue l'un des résultats les plus importants de ma thèse. Autant dire que je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit-là.

A l’inverse, la dernière fois où tu t'es dit "ça ne marche jamais ?"
J'ai eu un gros coup au moral au milieu de ma thèse quand, après une année de simulations, je n'avais toujours pas de résultats satisfaisants. Ça fait partie de la formation (et de la recherche) mais ce n'est jamais agréable. Heureusement, ce problème s'est finalement résolu assez simplement en en discutant (avec des covoitureurs inconnus ^^'), ce qui m'a permis de prendre du recul sur la situation.

Raconte nous comment on se retrouve à faire une présentation lors d'une conférence internationale d'acoustique et de vibration ?
Les encadrants de thèse conseillent souvent leurs doctorants en matière de conférences, car ils ont de l'expérience et beaucoup de contact. Mais le doctorant doit aussi faire preuve d'autonomie et il peut très bien être à l'initiative du choix des conférences où il ira, sous réserve de l'accord de ses encadrants. Cela a été le cas avec ma conférence au Japon.

Que retiens-tu de cette expérience ?
Auparavant, je n'avais présenté que dans une conférence de taille énorme, avec des centaines de présentations, et d'importants moyens financiers. Participer à une conférence de taille plus réduite m'a permis de découvrir une ambiance totalement différente, avec ses avantages et ses inconvénients.

Que représente pour toi ce  'Best Presentation Award'?
Ce n'est un prix extrêmement prestigieux, mais c'est toujours gratifiant de voir que d'autres chercheurs apprécient vos travaux, et c'est certainement un bonus que je pourrai faire valoir lors d'entretiens d’embauche.

Tu viens de l'INSA. Perçois-tu des différences dans la formation maintenant que tu connais Centrale Lyon ?
Je n'ai pas fait la formation ingénieur à Centrale, ni la formation doctorale à l'INSA donc c'est difficile de comparer. Cependant, j'ai l'impression que le parcours à Centrale est plus personnalisé (choix des cours et des projets). De son côté, l'INSA fonctionne en multiples départements (génie mécanique, énergétique, informatique, biochimie,...), qui proposent chacun une formation assez complète et large dans leur domaine. Une autre différence est l'année de césure, très présente et encouragée à Centrale, tandis qu'elle est quasi inexistante à l'INSA.

Pourquoi t'être lancé dans une thèse ? Pourquoi ce domaine en particulier ?
Par opportunisme ! À l'époque je regardais aussi bien les offres d'emploi que les propositions de thèse. J'ai eu la chance de tomber sur ce sujet, qui était complet, pluridisciplinaire, et industriel, ce qui correspondait bien à ce que je recherchais, et j'ai réussi à me l'approprier. Grâce à ça, j'ai pu développer de nombreuses compétences, aussi bien scientifiques que transverses, et j'ai pu prendre le temps de savoir ce que je voulais vraiment faire par la suite. Quant au domaine, j'avais déjà travaillé pendant un an en acoustique et vibrations, lors de stages. C'est donc dans ce domaine que je me sentais le plus légitime.

Une idée de ce que tu aimerais faire professionnellement après ton doctorat ?
Une petite pause d'abord ! Ensuite j'aimerais travailler dans l'industrie mécanique autour de Lyon, mais je ne m'impose pas un domaine spécifique pour le moment. D'un autre côté, le doctorat est généralement bien reconnu à l'étranger, donc j'espère aussi retourner travailler un moment au Japon, tôt ou tard !

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